24 eurodéputés exhortent le Parlement européen à cesser d’utiliser Google Ads
Une coalition d’eurodéputés des principaux groupes politiques du Parlement européen a demandé à la présidente de l’hémicycle de cesser d’utiliser les services Google Ads, estimant que l’argent pourrait être utilisé pour alimenter la propagande russe.
Une coalition d’eurodéputés des principaux groupes politiques du Parlement européen a demandé à la présidente de l’hémicycle, Roberta Metsola, de cesser d’utiliser les services Google Ads, estimant que l’argent pourrait être utilisé pour alimenter la propagande russe.
La lettre a été envoyée à Mme Metsola, mercredi (5 juillet), à la suite d’un rapport d’Adalytics suggérant que Google aurait violé ses propres normes et induit les annonceurs en erreur, rapport repris par le Wall Street Journal la semaine dernière.
« Environ 80 % des publicités vidéo de Google sur des sites tiers sont affichées sur des sites trompeurs, y compris des sites de propagande russe appartenant au Kremlin et des sites promouvant le terrorisme », peut-on lire dans la lettre, consultée par EURACTIV.
La lettre, qui fait explicitement référence à l’étude d’Adalytics, a été signée par 24 eurodéputés, pour la plupart de gauche et du centre gauche, plus quelques-uns du centre et de centre droit.
La recherche concerne plus de 1 100 annonceurs qui mènent des campagnes sur les services d’annonces de Google entre 2020 et 2023. Elle a révélé que la plupart des milliards d’impressions publicitaires générées étaient fausses, c’est-à-dire qu’elles n’étaient pas vues par des humains mais placées dans des fenêtres pop-up en sourdine sur le côté des sites web trompeurs.
On estime que les annonceurs perdent entre 6 et 10 milliards de dollars par an à cause de ces fausses impressions. Parmi les annonceurs concernés figuraient le Parlement européen, le Wall Street Journal, le gouvernement fédéral américain et plusieurs entreprises du classement Fortune 500.
Une étude récente commanditée par la Commission européenne a souligné l’opacité du marché de la publicité numérique, où les annonceurs manquent souvent de transparence sur la manière dont leur argent est dépensé ou de moyens de vérifier les mesures fournies par les grandes plates-formes technologiques.
Le site russe de la Pravda a été cité parmi les sites où YouTube, le système de Google, a diffusé ses publicités. Même si les sommes déboursées par les institutions européennes ne sont pas claires, les eurodéputés affirment que l’argent de l’UE ne peut pas être utilisé pour financer des dictateurs, des entreprises à la réputation douteuse et des terroristes.
« Google se fait délibérément la poupée des dictateurs et traîne le Parlement européen dans la boue. Le même Parlement qui a déclaré la Fédération de Russie en novembre 2022 comme un État soutenant le terrorisme », a souligné l’eurodéputé Paul Tang, l’un des principaux moteurs de la lettre.
Les signataires de la lettre demandent à Mme Metsola de réaffecter le budget publicitaire du Parlement européen à des supports fiables, de suspendre les campagnes en cours sur les services de Google, notamment YouTube, d’auditer les campagnes publicitaires passées avec Google et de demander une compensation s’il y a des raisons de penser que le Parlement a été induit en erreur.
« Le rapport contient de nombreuses affirmations très inexactes basées sur un échantillonnage peu fiable. Il implique à tort que la plupart des dépenses de campagne se font sur Google Video Partners alors que l’écrasante majorité des campagnes publicitaires vidéo se font sur YouTube », a répondu un porte-parole de Google à EURACTIV.
« Nous surveillons activement le réseau Google Video Partners et lorsque Google détermine qu’une impression n’est pas valide [spam], nous ne facturons pas l’annonceur. »