30 milliards d’euros pour l’Espagne d’ici fin juillet
Madrid doit s’apprêter à exécuter un nouvel agenda de réformes fiscales, contrepartie des aides financières et des dérogations qui lui ont été accordées.
Madrid doit s’apprêter à exécuter un nouvel agenda de réformes fiscales, contrepartie des aides financières et des dérogations qui lui ont été accordées.
Espagne, Irlande, Chypre, Portugal, renouvellement du président, fonds de secours, union bancaire… L’agenda des ministres des Finances de la zone euro était très chargé. A l’issue de la réunion du 9 juillet à Bruxelles, beaucoup de points restent en suspens mais le sujet le plus sensible a été soldé. Sur l’Espagne, « nous sommes parvenus à un accord politique », a indiqué Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, à l’issue des discussions.
Plus précisément, les 17 approuvent le principe d’une première tranche d’aide de 30 milliards d’euros, qui sera allouée au gouvernement espagnol d’ici la fin du mois, avant d’être injectée dans les banques ibériques.
Cet appui financier n’est pas un chèque en blanc. A l’issue du conseil européen des 28 et 29 juin, les dirigeants européens avaient prévenu que Madrid devrait se conformer aux « recommandations » que la Commission lui avait adressées le 30 mai. Une révision de la TVA et une nouvelle réforme des retraites devraient donc être mises sur les rails.
La recapitalisation directe des banques, si chère au premier ministre espagnol Mariano Rajoy, est plus énigmatique. « Des discussions techniques sur le futur instrument de recapitalisation direct des banques commenceront en septembre », indiquent les ministres des Finances dans leur communiqué.
C’est également à la rentrée que la Commission metra ses propositions de supervision bancaire sur la table. En attendant, le mécanisme européen de stabilité (MES), qui devait être mis en place le 9 juillet, au lendemain de l’Eurogroupe, n’est toujours pas prêt, en raison des atermoiements de l’Allemagne, suspendue au verdict de la Cour de Karlsruhe sur les incidences juridiques du fonds de secours.
Rumeurs d’une présidence franco-allemande démenties
L’Espagne pourra en tout cas bénéficier d’un calendrier plus souple pour ramener son déficit sous la barre des 3% du PIB non pas en 2013 mais en 2014. L’épreuve n’en est pas moins difficile : le pays, qui accuse un déficit de près de 9% du PIB, est censé accomplir un tour de force budgétaire pour atteindre un objectif de 6,3% cette année (contre 5,3% initialement prévus). Là encore, ces concessions entérinées par les 17 sont soumises à un agenda de réformes fiscales, via la TVA ou des impôts environnementaux, rapporte le quotidien espagnol El Pais.
Le sort de l’Irlande, qui cherche elle aussi à améliorer les conditions du remboursement des prêts octroyés aux banques, n’est pas scellé. « La Commission, en liaison avec la BCE et le FMI », procèdent au septième examen du programme d’ajustement du pays, signalent les ministres, dont la décision n’interviendra pas avant le mois de septembre.
Les 17 ont enfin prolongé le mandat de Jean-Claude Juncker, président historique de l’Eurogroupe. Mais le Luxembourgeois, également premier ministre, a l’intention de passer le relais d’ici quelques mois à l’un de ses collègues. Les rumeurs d’une présidence franco-allemande de l’Eurogroupe ont été démenties par Pierre Moscovici. Paris s’oppose en tout cas à l’arrivée de l’Allemand Wolfgang Schaüble et le suspense reste entier.