33 pays acceptent des audits sur leurs centrales nucléaires

Un accord a été trouvé lors d’un séminaire sur la sûreté nucléaire à Paris. Le principe de l’évaluation obligatoire par les pairs n’a cependant pas été retenu.

EURACTIV.fr

Un accord a été trouvé lors d’un séminaire sur la sûreté nucléaire à Paris. Le principe de l’évaluation obligatoire par les pairs n’a cependant pas été retenu.

Après l’Europe, la communauté internationale s’est accordée, mardi 8 juin, sur la nécessité de soumettre systématiquement les centrales nucléaires à des tests de résistance. 

Trente-trois pays étaient réunis à Paris pour un séminaire sur la sûreté nucléaire organisé par la France. Il s’agissait de donner suite aux discussions entamées lors du sommet du G8 où l’accident nucléaire de Fukushima avait été évoqué. 

Scénarios invraisemblables

Un « large consensus s’est dessiné au sein des participants » sur la nécessité pour tous les pays disposant d’installations nucléaires de réaliser des « audits de sûreté », a indiqué Paris, qui présidait la rencontre, dans un communiqué.

Ces tests de résistance doivent permettre d’évaluer le niveau de sûreté des installations des pays concernés et leur capacité à résister à des événements majeurs.

Ils devront ainsi prendre en compte des scénarios jusqu’ici jugés invraisemblables par les autorités de sûreté nucléaires des pays concernés.

Les pays participants au séminaire de Paris rappellent dans leurs conclusions l’importance d’effectuer des revues périodiques de sûreté et de renforcer le rôle de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) et de l’agence de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) pour l’énergie nucléaire (AEN).

Evaluation par les pairs?

« La présidence française du séminaire demande à l’AIEA de revoir ses standards de sûreté à la lumière de l’accident de Fukushima et de veiller à leur bonne application », lit-on dans le communiqué.

L’AIEA est notamment invitée à revoir ses normes en matière de construction et d’exploitation des centrales nucléaires en zones sismiques.

Mais pas question pour le moment de donner à l’AEIA des pouvoirs contraignants pour obliger les pays à respecter les normes internationales. 

Des participants à la rencontre ont cependant insisté sur l’importance d’une évaluation par leurs pairs de la sûreté des installations des pays concernés.

« L’idée qu’il fallait plus de revues par les pairs, en plus des stress-tests, est une idée qui a été constamment développée dans le tour de table », a déclaré la ministre française de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Doris Leuthard, conseillère fédérale suisse chargée de l’Environnement, a pour sa part souhaité que les examens par les pairs ne soient pas simplement réalisés sur une base volontaire mais obligatoire.

Les conclusions du séminaire doivent être présentées mercredi les conclusions du séminaire aux autorités de sûreté nucléaire des pays de l’OCDE réunies à Paris. La synthèse des travaux de ces deux journées sera transmise à l’Aiea, avant sa réunion du 20 au 24 juin à Vienne sur le renforcement de la sûreté nucléaire à l’échelle mondiale.