A Bruxelles, la réunion des ministres des Finances s’annonce difficile

L’eurogroupe est chargé de mettre en œuvre les décisions prises au dernier sommet. Mais les rachats de dette et la recapitalisation directe des banques font toujours débat.

EURACTIV.fr
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L’eurogroupe est chargé de mettre en œuvre les décisions prises au dernier sommet. Mais les rachats de dette et la recapitalisation directe des banques font toujours débat.

Le temps presse. Mais la tâche des ministres des Finances, qui se réunissent lundi 9 juillet à Bruxelles, pourrait s’avérer compliquée. Ils sont chargés de mettre en œuvre les décisions sur le sauvetage de l’euro, prises par les chefs d’État et de gouvernement dans la nuit du 28 au 29 juin.

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Deux mesures phares sont au centre des négociations.

Tout d’abord, les ministres devront se pencher sur la supervision bancaire centralisée au niveau européen. Cette dernière, dont les modalités sont loin d’être fixées, est un préalable à la recapitalisation directe des banques par les fonds de sauvetage européens. Aujourd’hui, le Fonds européen de stabilité (FESF) et son successeur, le Mécanisme européen de stabilité (MES), ne prêtent qu’aux gouvernements.

Les rachats de dette par les fonds de sauvetage sur les marchés financiers sont le deuxième chantier. Les conclusions du dernier Conseil européen restent vagues. Les chefs d’État et de gouvernement se sont seulement entendus sur une utilisation « flexible et efficace » des fonds pour stabiliser le marché des dettes souveraines.

Le débat continue

Beaucoup reste donc à clarifier. Et les jours qui ont suivi le Conseil ont surtout montré des divergences de vue persistantes entre les pays.

Triomphant à l’issue du sommet, le président du Conseil italien Mario Monti avait considéré que, à long terme, la voie serait ouverte aux euro-obligations. Mais Angela Merkel a subi des critiques sanglants de la part de son propre camp politique et de l’opposition, tout au long de la semaine dernière.

Merkel sous pression

Le chef des conservateurs bavarois Horst Seehofer (CSU) a menacé la chancelière de rompre la coalition au Bundestag, au cas où le gouvernement accepterait davantage de transferts financiers vers les pays en difficulté.

Et les sociaux-démocrates allemands ne soutiennent pas l’idée d’une « transformation des fonds de sauvetages pour les États en un fonds de sauvetages pour les banques », comme l’a souligné le porte-parole du SPD pour les questions budgétaires Carsten Schneider, mercredi 4 juillet.

Le porte-parole d’Angela Merkel Steffen Seibert a essayé de calmer les esprits. « Quant aux banques, nous avons seulement décidé, de manière définitive, d’aller vers une supervision européenne indépendante », a-t-il déclaré sur Twitter jeudi 5 juillet, sans dire un mot sur les aides directes.

L’époque ou la chancelière disposait, grâce à l’opposition, d’une large majorité au sein du Bundestag risque de s’achever.

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La Finlande remontée

Mais l’Allemagne n’est pas le seul pays où les conclusions du Conseil, pourtant vagues, font débat. La Finlande a rapidement fait entendre sa voix à l’issue du sommet. 

« La Finlande évaluera bien sûr au cas par cas les futurs achats (d’obligations), mais nous nous opposerons vraisemblablement aux futurs projets d’achats d’obligations par le MES sur le marché secondaire », a déclaré le gouvernement dans un rapport destiné aux parlementaires nationaux le 2 juillet.  Les rachats de dette doivent être approuvés à l’unanimité par tous États de la zone euro.

Quelques jours plus tard, la ministre des Finances finlandaise Jutta Urpilainen a même évoqué la sortie de son pays de la zone euro. « La Finlande ne s’accrochera pas à l’euro à n’importe quel prix et nous sommes prêts à tous les scénarios, y compris à abandonner la monnaie unique européenne », a-t-elle déclaré, vendredi 6 juillet, au quotidien financier Kauppalehti. 

« Pas grand fan des achats d’obligations »

Les Pays-Bas ont également annoncé vouloir examiner, au cas par cas, les rachats de dette. Le premier ministre néerlandais Marc Rutte avait déclaré, à la fin du Conseil le 29 juin, ne pas être un « grand fan des achats d’obligations avec les instruments existants », selon des propos rapportés par l’agence de presse Reuters. 

La remise en question des décisions prises au dernier sommet a agacé certains responsables politiques, dont le chef de gouvernement italien Mario Monti. Invité aux journées économiques d’Aix-en-Provence, dimanche 9 juillet, il a critiqué la position de « certains pays nordiques » et appelé à une mise en oeuvre rapide des mesures décidées par les chefs d’État et de gouvernement, selon l’AFP. 

Après une légère baisse en début de semaine dernière, les rendements des obligations d’État à 10 ans de l’Espagne et de l’Italie n’ont cessé de grimper. Lundi, 9 juillet, ceux de l’Espagne oscillent autour de 7%.