À Epinal, Macron esquisse la démarche pédagogique des consultations citoyennes

Outil de débat avant les élections, la consultation citoyenne doit permettre d’éviter les mensonges qui ont mené au Brexit, a expliqué le président à Epinal.

EURACTIV.fr
Epinal
Emmanuel Macron à Epinal le 17 avril. Photo Elysée

Outil de débat avant les élections, la consultation citoyenne doit permettre d’éviter les mensonges qui ont mené au Brexit, a expliqué le président à Epinal.

En lançant le débat à Epinal, le 17 avril, le président de la République a précisé la démarche des consultations citoyennes.

Sans surprise, le format s’avère différent des dialogues citoyens organisés par la Commission européenne. Le président a avant tout répondu aux questions, plutôt que de se lancer dans de grands discours, même si ses réponses se sont avérées assez longues et techniques.

Jusqu’à présent, il s’était contenté de définir ces consultations. « Pour que notre Europe soit plus démocratique, il faut organiser un temps de consultation avant les élections, un temps qui ne soit pas simplement la réponse à un oui ou un non » avait-il indiqué.

Le président a fait référence au débat de 1992, entre Philippe Séguin, ex maire d’Epinal, et François Mitterrand, à propos du traité de Maastricht.

« La France a vécu à ce moment là un vrai grand débat, honnête, en profondeur. On a ensuite eu du mal à organiser des débats comparables, notamment en 2005 » a souligné le président.

Il a aussi défini le débat comme une arme anti-Brexit, accusant la partisans du Brexit d’avoir menti.

« Toutes les visions de l’Europe doivent être défendues, y compris les visions anti-européennes. Si vous regardez ce qui s’est passé en Grande-Bretagne, l’un des problèmes c’est que le débat sur le Brexit a été faussé. Ceux qui ont poussé pour le Brexit n’ont pas expliqué les conséquences. Ils ont largement menti (…), ils ont même proposé des chiffres qui se sont avérés faux, parce qu’il n’y a pas eux suffisamment de débat dans la société.»

Il a déroulé sa vision de la souveraineté européenne, et expliqué en quoi l’UE était le seul cadre pertinent permettant de réguler les grands acteurs du numérique, qu’il s’agisse du respect de la vie privée ou de la taxation de leurs activités.

Le président est revenu sur Erasmus, assurant que le programme renforçait l’« affectio societatis » européen, mais a insisté sur le besoin de le renforcer, pour éviter de le réserver à certains, en le « raccrochant au système de bourse » français.

Le président a aussi encore répondu aux interrogations sur le périmètre de l’Europe, notamment sur l’enjeu des Balkans alors que les négociations avec la Macédoine et l’Albanie démarrent. Le président a notamment esquissé l’importance de la coexistence de plusieurs cercles : celui du Conseil de l’Europe, et puis celle d’une Europe plus étroite comme l’Europe de Schengen, et enfin un cercle de zone euro plus intégré qui permette de coordonner la politique économique.

« Le fait que le vote français ait bloqué tous les pays européens en 2005 pour avancer vers plus d’intégration est une erreur » a assuré le président, défendant sa vision d’une Europe à plusieurs vitesses.

La proposition de consultation citoyenne est souvent perçue comme le démarrage de la campagne d’En Marche pour les élections européennes. Le Parti communiste français a déjà annoncé qu’il ne s’y associerait pas. Les Républicains dénoncent aussi la manoeuvre politique, mais n’y sont pas officiellement opposés, alors que les Verts y sont favorables et souhaitent y participer.