À l’approche d’un référendum national sur la défense, le Danemark s’oppose à la modification des traités de l’UE
L'opposition danoise à une modification des traités intervient après que Bruxelles ait laissé entrevoir lundi 9 mai leur possible modification, ce qui pourrait entraîner la suppression de l’unanimité sur des questions telles que la politique de défense commune.
Le Danemark s’oppose à une modification des traités de l’UE à quelques semaines d’un référendum crucial sur son option de retrait en matière de défense. Cette opposition intervient après que Bruxelles ait laissé entrevoir lundi 9 mai une possible modification des traités, ce qui pourrait entraîner la suppression de l’unanimité sur des questions telles que la politique de défense commune.
Le refus danois s’inscrit dans le contexte de la présentation des recommandations de la Conférence sur l’avenir de l’Europe (Cofoe) au cours de laquelle des citoyens de l’UE ont présenté 49 propositions portant sur la façon dont l’UE devrait être modifiée à l’avenir et sur lesquelles ils ont travaillé au cours de l’année passée.
Parmi ces propositions, plusieurs demandent une modification du traité de l’UE, notamment le vote à la majorité qualifiée (VMQ) pour les décisions de politique étrangère et de sécurité.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, n’a pas tardé à faire des commentaires à ce sujet, déclarant lundi (9 mai) que « l’unanimité dans des domaines spécifiques n’a tout simplement pas de sens si nous voulons avancer rapidement. »
Dans une référence directe au gouvernement hongrois qui a rejeté les sanctions de l’UE contre le secteur pétrolier russe, la présidente de la Commission européenne a déclaré que le VMQ pourrait être nécessaire pour garantir qu’aucun pays ne puisse, à lui seul, bloquer les souhaits des autres États membres.
Le désir de supprimer l’unanimité n’est pas nouveau, et les gouvernements allemand, français et italien ont déjà annoncé qu’ils étaient ouverts à d’éventuelles modifications du traité.
Au Danemark, cependant, une telle entreprise nécessiterait un référendum, et le gouvernement danois a rejeté l’idée que des changements fondamentaux à la coopération européenne — y compris des décisions à la majorité sur la défense ou d’autres domaines — seraient nécessaires.
« Si nous n’excluons aucune option à ce stade, nous ne soutenons pas les tentatives irréfléchies et hâtives de lancer un processus qui conduirait à des modifications du traité », peut-on lire dans une lettre conjointe signée par le Danemark et 12 autres pays, dont l’Estonie, la Slovénie et Malte.
« Nous avons déjà une Europe qui fonctionne. Nous n’avons pas besoin de nous précipiter dans des réformes institutionnelles pour obtenir des résultats », peut-on lire encore dans la lettre.
Le ministre danois des Affaires étrangères, Jeppe Kofod, a déclaré à l’agence de presse Ritzau que ce serait « une impasse de proposer des modifications du traité sur lesquelles les 27 pays de l’UE doivent s’accorder. »
Le refus danois de modifier les traités de l’UE intervient quelques semaines avant un référendum prévu le 1er juin pour savoir si le peuple danois souhaite abolir l’option de retrait en matière de défense qui caractérise la politique de défense européenne du Danemark depuis 1992.
Après le rejet du traité de Maastricht par les Danois lors du référendum de 1992, l’accord d’Édimbourg a accordé au Danemark quatre options de retrait, dont une en matière de défense. Depuis lors, le Danemark n’a pas participé à la politique de sécurité et de défense commune, aux opérations militaires de l’UE ou aux processus décisionnels de l’UE liés aux opérations militaires.