Adolescent tué : Emmanuel Macron dénonce l’instrumentalisation et appelle à la responsabilité
Le président Emmanuel Macron a dénoncé vendredi (30 juin) l'instrumentalisation de la mort d'un adolescent pour créer des émeutes dans toute la France. Des annonces sont à attendre dans les prochaines heures pour garantir la sécurité dans le pays.
Le président Emmanuel Macron a dénoncé vendredi (30 juin) l’instrumentalisation de la mort d’un adolescent pour créer des émeutes dans toute la France. Des annonces sont à attendre dans les prochaines heures pour garantir la sécurité dans le pays.
Depuis la mort d’un jeune homme mardi (27 juin), tué dans le cadre d’un contrôle de police, des émeutes se répandent en France et gagnent en intensité.
Dans la nuit de jeudi à vendredi (28 et 29 juin), 492 bâtiments ont subi des dégradations, 2 000 véhicules ont été brûlés et 3 880 incendies de voie publique ont été allumés, a indiqué le président de la République, Emmanuel Macron, vendredi. 249 policiers et gendarmes ont été blessés, contre une vingtaine la nuit précédente.
A l’issue de la réunion de la cellule de crise interministérielle, M. Macron a dénoncé l’« instrumentalisation inacceptable de la mort d’un adolescent », alors que la situation exige le « recueillement et le respect ».
Le président a dit condamner avec fermeté l’attitude de « ceux qui utilisent cette situation […] pour essayer de créer le désordre », jugeant qu’ils « portent une responsabilité de fait accablante ».
Alors que le gouvernement a indiqué vendredi ne pas avoir de « tabous » sur les mesures qui pourraient être prises pour garantir la sécurité publique, des dispositions doivent être annoncées dans l’après-midi par la Première ministre, Elisabeth Borne. Le déclenchement de l’état d’urgence ou d’un couvre-feu sont donc potentiellement sur la table. Localement, plusieurs villes avaient déjà institué des couvre-feu jeudi soir.
Plusieurs événements festifs ont été annulés et les transports publics restreints. En région parisienne, les bus et tramways cesseront de circuler à partir de 21h vendredi soir. À Lyon et Marseille, l’ensemble des transports publics seront suspendus respectivement à partir de 20h et 19h.
Enfin, le président a appelé « tous les parents à la responsabilité », dès lors qu’ « un tiers des personnes interpellées étaient des jeunes ou des très jeunes ».
Parmi les responsables des émeutes qui ont déferlé en France ces derniers jours, il y a des « groupes organisés, parfois violents et équipés », a expliqué le président. Ce dernier a également souligné le rôle des réseaux sociaux, notamment Snapchat et TikTok, qui « jouent un rôle considérable », en ce qu’ils sont le lieu de coordination pour l’ « organisation de rassemblements violents » et qu’ils créent un « mimétisme » chez les plus jeunes.
Dès lors, l’État français travaillera à un retrait « des contenus les plus sensibles » de ces plateformes et demandera à accéder aux données permettant d’identifier « ceux qui utilisent ces réseaux pour appeler au désordre ou exacerber la violence ».
Réactions européennes
Plusieurs pays européens commencent à réagir à la situation de tensions qui frappe la France depuis maintenant trois jours. Le gouvernement britannique a appelé ses ressortissants présents en France à « éviter les zones où se déroulent les émeutes », alors que « les lieux et le moment des émeutes sont imprévisibles ».
La Norvège a émis un message similaire à l’adresse de ses citoyens qui se trouvent en France, tandis que l’Allemagne, par la voix du porte-parole du gouvernement, a dit suivre « avec une certaine inquiétude ce qui se passe en France ». Le porte-parole a indiqué ne pas avoir, à ce stade, d’informations sur l’annulation éventuelle d’une visite d’État d’Emmanuel Macron prévue outre-Rhin à partir de lundi (3 juillet).
L’ONU est également intervenu et a demandé vendredi à la France de se pencher « sérieusement » sur les problèmes de racisme et de discrimination raciale au sein de ses forces de l’ordre.