Agenda stratégique de l’UE : les Vingt-Sept veulent tirer parti de la transition écologique pour stimuler l’industrie

Les dirigeants de l’UE insisteront fin juin sur la nécessité d’une Europe compétitive et souligneront comment la transition écologique et une véritable union de l’énergie pourraient soutenir cet objectif, selon un projet d’agenda stratégique de l’UE pour la législature 2024-2029.

Euractiv.com
shutterstock_1122719444
Dans une version préliminaire de l’agenda stratégique quinquennal de l’UE, qui devra être adopté lors du sommet européen des 27 et 28 juin, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union devraient souligner la nécessité d’une « Europe prospère et compétitive » comme étant leur principale préoccupation. [Shutterstock/Alexandros Michailidis]

Les dirigeants de l’UE, qui se réuniront pour un sommet à la fin du mois de juin, insisteront sur la nécessité d’une Europe compétitive et souligneront comment la transition écologique et une véritable union de l’énergie pourraient soutenir cet objectif, selon un projet d’agenda stratégique de l’UE pour la législature 2024-2029 consulté par Euractiv.

Dans une version préliminaire de l’agenda stratégique quinquennal de l’UE, qui devra être adopté lors du sommet européen des 27 et 28 juin, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union devraient souligner la nécessité d’une « Europe prospère et compétitive » comme étant leur principale préoccupation.

À cette fin, « nous exploiterons le potentiel des transitions écologique et numérique », soulignent-ils dans le document. Cela implique une « transition climatique juste et équitable » tout en réduisant les importations d’énergie du bloc.

Une « véritable union de l’énergie », le projet de longue date d’une intégration plus poussée des marchés de l’énergie européens, garantira un approvisionnement en « énergie abondante, abordable et propre », peut-on également lire dans le projet de texte.

À cette fin, « la mise en place d’infrastructures de réseaux intelligents et d’interconnexions adéquates » sera essentielle, selon le consensus qui devrait se dégager entre les chefs d’État et de gouvernement. À l’heure actuelle, la plupart des États membres n’est pas en passe d’atteindre les objectifs d’interconnexion fixés pour 2025.

Par ailleurs, des groupes de réflexion comme Bruegel ont souligné qu’une intégration plus poussée du marché de l’énergie pourrait permettre aux consommateurs de réaliser de réelles économies.

Les dirigeants de l’UE devraient abonder dans ce sens fin du mois, le projet d’agenda soulignant que « cela augmentera le revenu réel et le pouvoir d’achat ».

Une approche critiquée

Les observateurs se montrent toutefois plus critiques.

« Toutes les quelques années, les gouvernements ressuscitent l’agenda de la compétitivité pour satisfaire les grandes entreprises et leurs actionnaires, avec très peu d’avantages pour les citoyens ordinaires », a déploré Ariadna Rodrigo, conseillère politique auprès de Greenpeace Europe.

En ce qui concerne la protection de l’environnement, le texte prévoit que les gouvernements nationaux « continueront à protéger la nature et à inverser la dégradation des écosystèmes », tout en promouvant un secteur agricole qui « continue à assurer la sécurité alimentaire ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]