Aide au Portugal : Socrates déterminé à défendre les intérêts du pays
Dans un entretien accordé à la chaîne TV1, le premier ministre portugais, José Socrates, a déclaré vouloir éviter une austérité trop drastique et obtenir la somme de l’aide demandée par son pays.
Dans un entretien accordé à la chaîne TV1, le premier ministre portugais, José Socrates, a déclaré vouloir éviter une austérité trop drastique et obtenir la somme de l’aide demandée par son pays.
80 milliards d’euros. C’est le montant que José Socrates souhaiterait obtenir de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI), pour financer la dette portugaise. Elle s’élève actuellement à 159,5 milliards d’euros, soit 92% du PIB national.
Le Premier ministre, qui a posé sa démission le 23 mars, reste en poste à la demande du président Cavaco Silva, le temps de traiter les affaires courantes du pays.
Le chef du gouvernement s’est montré déterminé, mardi 26 avril, à « obtenir un plan qui nuise le moins possible au pays » dans un entretien accordé à la chaîne de télévision TVI.
Depuis le 18 avril, le gouvernement portugais négocie avec un représentant de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du FMI, pour déterminer les contours de l’aide financière que recevra le Portugal. Le pays a fait une demande d’aide le 6 avril dernier.
Austérité
Les trois experts rencontreront les socialistes, actuellement minoritaires et membres du gouvernement, ainsi que l’opposition portugaise, constituée majoritairement par les sociaux-démocrates.
Ils débattront non seulement du montant de l’aide, mais également des mesures d’austérité que les États européens souhaitent mettre en place pour stabiliser l’endettement du pays.
Lors de la dernière rencontre des ministres des Finances de la zone euro, le 8 avril, trois priorités avaient déjà été mises au jour concernant les mesures à prendre par le Portugal : des restrictions budgétaires, une plus grande flexibilité des échanges et la mobilité des travailleurs. La solvabilité et la liquidité du secteur financier ont également été mentionnées.
A l’issue de la réunion, les ministres avaient également envisagé une aide s’élevant à 75 milliards d’euros, soit 5 milliards en dessous des attentes portugaises.
De son coté, le gouvernement se fait l’écho des inquiétudes de l’opinion publique, qui redoute des mesures d’austérité drastiques. Avant de se tourner vers l’aide européenne, le Portugal avait déjà procédé à une réduction des salaires des fonctionnaires et une augmentation des impôts. Les journaux nationaux ont laissé courir le bruit que la supression du treizième mois pourrait être envisagée, mais le gouvernement a démenti ces rumeurs.
Le plan doit être arrêté avant le 5 juin, date à laquelle les Portugais se prononceront sur la nomination d’un nouveau Premier ministre, lors d’élections legislatives anticipées.
Les experts ont annoncé qu’ils se prononceraient vers le milieu du mois de mai.