Aide de la Turquie pour le pipeline Nabucco face à son rival [FR]
Il est probable que la Turquie renonce à ses prétentions problématiques sur le projet de gazoduc Nabucco, qui représente la seule voie de sortie pour le projet soutenu par l’Union européenne qui tente de se lancer face à son rival russe, le projet South Stream.
Il est probable que la Turquie renonce à ses prétentions problématiques sur le projet de gazoduc Nabucco, qui représente la seule voie de sortie pour le projet soutenu par l’Union européenne qui tente de se lancer face à son rival russe, le projet South Stream.
La Turquie cherche à utiliser 15 % de tout le gaz naturel à circuler à travers le pipeline Nabucco de presque 11 milliards de dollars, dont l’entrée en service est prévu le plus tôt en 2014, en échange de son accord pour laisser passer près de la moitié du gazoduc sur son territoire.
Nabucco, conçu comme un moyen de réduire la dépendance européenne au gaz russe, qui compte pour un quart de la consommation du continent, a reçu un soutien crucial de la part des producteurs de gaz du nord de l’Irak ce mois-ci sous la forme d’un plan d’apport de 8 milliards de dollars qui devrait lancer le projet.
Mais la demande de transit de la Turquie commence à être perçu comme une cause de rupture du consortium Nabucco, aussi composé de l’Autriche, de l’Allemagne, de la Bulgarie, de la Roumanie et de la Hongrie. Les 15 % ne peuvent pas être négociés. Ce n’est pas uniquement quelque chose que nous ne pouvons pas accepter, c’est une chose à laquelle les pays producteurs ne souscriront pas, a déclaré le porte-parole de la Commission européenne pour l’énergie Ferran Tarradellas Espuny.
Si la Turquie laisse tomber sa requête, les accords finaux de transit pourront être signés entre les cinq membres européens du consortium Nabucco et son sixième membre non européen, la Turquie, qui désire utiliser son influence pour devenir un centre énergétique régional.
Nous travaillons sur les accords intergouvernementaux pour les membres du consortium, ce qui inclut la Turquie. Nous sommes confiants sur le fait que les accords seront signés en juin, peut être en Turquie, à Ankara, a déclaré M. Espuny.
Cela ne serait pas limité à encourager les sentiments des investisseurs dans Nabucco, qui doit encore trouver les engagements financiers nécessaires, mais cela aiderait aussi le projet, considéré comme crucial pour la sécurité énergétique européenne, face au projet de gazoduc concurrent soutenu par la Russie, South Stream, que Moscou entend finir avant Nabucco.
Si la question des exigences turques est résolue, cela signifiera que Nabucco aura dépassé de quelques pas – pas un seul mais quelques-uns – les autres gazoducs, a déclaré Fatih Birol, économiste en chef à l’Agence Internationale de l’Energie.
C’est la différence importante pour les investisseurs qui vont regarder l’ensemble des conditions, a-t-il ajouté.
Avec la signature des accords de transit pour Nabucco, le consortium pourrait commencer à travailler sur les accords « open-season », lorsqu’une firme achèteront des portions de la capacité du pipeline, estimée à 31 milliards de mètres cube.
Moscou doit encore aplanir les détails du transit avec l’Italie, la Hongrie, la Bulgarie, la Grèce et la Serbie, membres de son projet de gazoduc concurrent, mais la Russie a également accentué sa volonté d’accélérer le projet, qui aura une capacité finale de 63 milliards de mètres cube.
La Russie a créée des coentreprises avec plusieurs des participants à son projet de pipeline et détient le gaz destiné à l’Europe : ce n’est pas un petit détail mais quelque chose que Nabucco doit encore prendre en compte.
Nabucco s’appuie sur des réserves sécurisées de gaz en Azerbaïdjan et au Turkménistan et, possiblement, en Irak en en Egypte, mais aucun contrat n’a encore été signé.
15% non essentiel
Certains analystes déclarent que la Turquie pourrait utiliser cette question du partage de transit de 15% pour renforcer sa position à la table des négociations avec l’Europe sur d’autres sujets, y compris les discussions prolongées d’adhésion d’Ankara à l’UE.
Toutefois, on relève des indices indiquant que le gouvernement pourrait renoncer à sa demande.
La Turquie exige 15 % du pipeline, mais ce n’est pas une requête essentielle. Nos discussions avec l’Union européenne sur ce sujet continuent, a expliqué un fonctionnaire turc de haut niveau proche du projet.
A la fois l’Europe et les potentiels pays fournisseurs ont essayé d’infléchir la position de la Turquie, déclarant qu’ils prêteraient attention au besoin galopant de gaz de ce pays.
Un groupe d’entreprises énergétiques européennes et arabes ont déclaré que leur projet d’extraire du gaz à partir du nord de l’Irak, à majorité kurde, prendrait aussi en considération les besoins de la Turquie. Il reste à définir les détails de l’accord sur le nord irakien, y compris l’autorisation de Bagdad.
Mais les analystes affirment que les 15 % de la Turquie signifient moins la satisfaction de la demande sur son marché national que le fait de devenir un pays de commerce du gaz par le biais du pipeline Nabucco.
La consommation nationale n’est pas pertinente, parce ce qui est en jeu c’est la question de savoir si la Turquie veut devenir un pays de transit ou un carrefour de l’énergie, a déclaré Wolfango Piccoli, un analyste de l’Eurasia Group.
Le principal problème de la Turquie n’est pas de satisfaire sa demande nationale croissante, mais de ce qu’elle va devenir vis-à-vis de Nabucco, a-t-il expliqué.
(EURACTIV avec Reuters. Cet article a été traduit de l’anglais par EURACTIV)