Allemagne : Changement de ton dans le débat pour les élections à la chancellerie

Olaf Scholz et Friedrich Merz ne se quittent pas d’une semelle. Le chancelier social-démocrate (SPD) sortant et la tête de liste des chrétiens-démocrates (CDU/CSU) aux élections fédérales se sont affrontés pour la première fois lors d’un débat en direct dimanche soir. Sur scène, les accusations salées ont fusé.

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Scholz and Merz in the TV duel
Au début du face-à-face, les deux hommes se sont mutuellement assurés de leur respect mutuel, malgré les coups de griffes qu’ils s’étaient échangés dans la période précédant le débat. Puis les masques sont tombés. [Kay Nietfeld/picture alliance via Getty Images]

BERLIN — Olaf Scholz et Friedrich Merz ne se quittent pas d’une semelle. Le chancelier social-démocrate (SPD) sortant et la tête de liste des chrétiens-démocrates (CDU/CSU) aux élections fédérales se sont affrontés pour la première fois lors d’un débat en direct dimanche soir. Sur scène, les accusations salées ont fusé.

Le Parti social-démocrate d’Olaf Scholz, distancé d’environ 15 points dans les sondages, avait besoin d’un électrochoc pour avoir la moindre chance de l’emporter. Cela ne s’est pas passé ainsi.

Le ton dur qui a imprégné le duel de dimanche était typique de ce qui est rapidement devenu l’une des campagnes les plus conflictuelles que l’Allemagne ait connues.

La course a été marquée par des insultes personnelles, des manifestations de masse et deux attaques mortelles. C’est un changement radical par rapport aux campagnes et débats récents qui ont rarement suscité plus de l’ennui collectif.

Le débat de dimanche a rappelé que l’époque des débats calmes est révolue. L’Allemagne est en effet loin d’être apaisée. Le pays s’efforce de faire face à une économie stagnante, à l’incertitude géopolitique et à des tensions internes massives sur la question de l’immigration.

Au début du face-à-face, les deux hommes se sont mutuellement assurés de leur respect mutuel. Puis les masques sont tombés.

Bien qu’ils aient tous deux tenté de maintenir une façade de civilité pendant les 90 minutes qu’a duré le débat, les responsables politiques se sont affrontés à plusieurs reprises, notamment sur la question de l’immigration. Friedrich Merz a notamment affirmé que « ce SPD » n’était pas capable de coopérer.

« Pourquoi quelqu’un devrait-il être aussi stupide ? », s’est exclamé Olaf Scholz lorsqu’il s’est disputé avec le candidat conservateur au sujet de son projet de refouler tous les migrants à la frontière allemande. Selon le chancelier sortant, cette mesure éroderait la confiance des alliés européens.

De son côté, Friedrich Merz a qualifié de « château de conte de fées » le compte-rendu rose d’Olaf Scholz sur le bilan économique mitigé de son gouvernement.

« Je suis quelque peu choqué par la perception que vous avez de l’état de notre économie. Cela n’a rien à voir avec la réalité », a-t-il déclaré.

Il est à noter que la tête de liste de la CDU a réussi plusieurs coups d’éclat dans ses arguments factuels. Mais cela s’explique en partie par le fait qu’Olaf Scholz était confronté à la tâche impossible de défendre un gouvernement qui avait échoué.

Le chancelier s’est perdu à plusieurs reprises dans de longues explications techniques, que Friedrich Merz s’est réjoui de constater qu’il « ne comprenait pas tout à fait ».

Néanmoins, Olaf Scholz est parvenu à s’imposer sur certains points, notamment en matière de politique sociale, tandis que les attaques de Friedrich Merz se sont parfois terminées dans un nuage de confusion.

« Comment se fait-il que tant d’autres pays de l’UE aient retrouvé des taux de croissance depuis longtemps, et pas nous ? » a questionné ce dernier.

« Parce que nous sommes meilleurs que les autres en matière d’orientation vers l’exportation », a rétorqué Olaf Scholz.

Il n’est pas certain que beaucoup d’électeurs aient suivi cette logique.

Malgré toute cette hostilité, les deux hommes pourraient se retrouver une nouvelle fois contraints de former une coalition commune après les élections.

Cette perspective semblait toutefois peu probable dimanche.

Il est presque certain que le candidat battu démissionnera avant qu’une nouvelle coalition ne prenne ses fonctions. Cela devrait faciliter les choses.

Malheureusement pour Olaf Scholz, le débat de dimanche a rendu presque certain qu’il sera celui qui devra s’incliner.

(AB)