Allemagne : la contamination à la dioxine s’amplifie
Plus de 3 000 tonnes de graisses contaminées par de la dioxine ont été livrées à des producteurs d’aliments pour animaux en Allemagne. La ministre de l’Agriculture allemande a précisé que 140 000 œufs contaminés avaient été exportés.
Plus de 3 000 tonnes de graisses contaminées par de la dioxine ont été livrées à des producteurs d’aliments pour animaux en Allemagne. La ministre de l’Agriculture allemande a précisé que 140 000 œufs contaminés avaient été exportés.
Le scandale de la dioxine s’étend en Allemagne. Vendredi 7 janvier, plus de 4 700 fermes et exploitations étaient fermées en raison d’un risque de contamination. Elles se situent principalement dans le nord du pays, en Basse Saxe, région où l’essentiel des 3000 tonnes des graisses alimentaires contaminées du groupe Harles und Jentzsch, à l’origine du scandale, a été livré à une vingtaine de fabricants de fourrage, fin 2010.
Selon le quotidien allemand Hannoversche Allgemeine Zeitung (HAZ), l’entreprise savait dès mars 2010 que certains de ses produits étaient contaminés. La cause de la contamination serait criminelle.
Des analyses de laboratoire publiées jeudi 6 janvier ont confirmé une contamination des graisses fabriquées par le groupe, avec dans certains cas des taux dix fois supérieurs à la norme de 0,75 nanogramme par kilogramme.
Selon Berlin, jusqu’à 150 000 tonnes de fourrage destiné à des élevages ont pu être contaminées à la dioxine, un résidu de combustion industrielle ou naturelle qui, à haute dose, peut provoquer des fausses couches et le cancer.
Pays-Bas et Royaume-Uni en première ligne
Dans un courrier adressé à des parlementaires, mercredi 5 janvier, le ministère allemand de l’Agriculture a précisé qu’aucune livraison n’a été faite à l’étranger, si ce n’est un lot de 140 000 œufs contaminés à destination des Pays Bas. Des produits à base de ses œufs ont aussi été livrés au Royaume-Uni.
Cependant, l’Agence de sécurité des aliments du Royaume-Uni (FSA) a écarté un risque pour la santé des consommateurs britanniques, les œufs suspects ayant été mélangés à des œufs sains. Cela « a dilué les niveaux de dioxine et ne constitue pas un risque pour la santé », a précisé la FSA jeudi 6 janvier.
Mesures supplémentaires
La Commission européenne se veut elle aussi rassurante. Le porte-parole du commissaire à la Santé, John Dalli, a précisé que même si ces œufs venaient d’exploitations où la nourriture animale contaminée a été livrée, rien n’indique qu’ils aient eux-mêmes été contaminés. « Les niveaux détectés ne présentent pas un risque pour la santé humaine. Il faudrait manger beaucoup d’œufs, ou beaucoup de produits fabriqués avec ces œufs, pour qu’il y ait vraiment un risque », a-t-il ajouté.
Il a cependant révélé que des examens effectués sur d’autres œufs produits dans les fermes concernées contenaient un taux de dioxine cinq fois plus élevé que la norme autorisée dans l’UE.
L’exécutif européen suit de près le dossier. « La bonne gestion de l’incident est d’une importance capitale pour la Commission et doit être poursuivie avec diligence et efficacité », a précisé John Dalli dans un communiqué de presse le 6 janvier. Il a souligné que « le système d’alerte rapide pour l’alimentation humaine et animale ainsi que les mécanismes de traçabilité mis en place au niveau européen ont montré leur efficacité.
Le commissaire a ajouté qu’il lancera « dans les prochaines semaines » une discussion avec les États membres et les acteurs du secteur afin de renforcer le processus de surveillance des dioxines dans les aliments.
Contrôles renforcés
De son coté, le ministre français de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a souligné dans un communiqué, le vendredi 7 janvier, qu’ « à ce stade, aucune indication démontrant la présence de produits contaminés sur le territoire français n’a été relevée ».
Le ministre a toutefois précisé que l’unité d’alerte de la mission des urgences sanitaires de la Direction générale de l’alimentation du Ministère de l’Agriculture, reste « entièrement mobilisée et suit ce dossier heure par heure ». La Direction a renforcé ses enquêtes de traçabilité, et continue à travailler en étroite collaboration avec ses homologues dans le cadre du réseau de vigilance européen, a précisé Monsieur Le Maire. Le ministère a également appelé les opérateurs à renforcer leur vigilance sur les autocontrôles menés dans chaque entreprise.