Allemagne : la direction des Verts démissionne pour donner un « nouveau départ » avant les élections de 2025
Mercredi 25 septembre, la direction des Verts (Verts/ALE), l’un des deux partenaires mineurs de la coalition en pouvoir en Allemagne, a démissionné suite aux mauvais résultats du parti lors des régionales de septembre. Le mouvement est à la recherche d'un nouveau souffle avant les élections fédérales de 2025.
Mercredi 25 septembre, la direction des Verts (Verts/ALE), l’un des deux partenaires mineurs de la coalition en pouvoir en Allemagne, a démissionné suite aux mauvais résultats du parti lors des régionales de septembre. Le mouvement est à la recherche d’un nouveau souffle avant les élections fédérales de 2025.
Après les scrutins régionaux des dernières semaines, les Verts ont disparu des parlements du Brandebourg et de Thuringe, et n’ont obtenu que 5,1% des voix en Saxe. Selon un sondage de l’Insa, ils ne sont crédités que de 10% des voix au niveau national, une première depuis sept ans.
« Le résultat des élections de dimanche dans le Brandebourg sont l’illustration de la crise la plus profonde à laquelle notre parti a été confronté depuis dix ans », a déclaré mercredi à Berlin l’un des deux dirigeants du parti, Omid Nouripour. « Nous sommes arrivés à la conclusion que nous avons besoin d’un nouveau départ. »
De nouveaux visages sont donc nécessaires « pour sortir le parti de cette crise », a expliqué son homologue Ricarda Lang, ajoutant que l’élection de la nouvelle direction devrait être la « pierre angulaire de la réorganisation stratégique du parti ».
Ricarda Lang et Omid Nouripour ont été élus coprésidents en 2022 et réélus pour deux ans en 2023. Ils ont poursuivi le virage pragmatique du parti et supervisé l’année dernière une refonte de l’identité visuelle du mouvement, censée illustrer le fait que les Verts sont désormais un parti modéré de gouvernement.
La coordinatrice européenne du mouvement, Pegah Edalatian, et d’autres membres du conseil d’administration se retireront aux côtés de Ricarda Lang et d’Omid Nouripour. Pegah Edalatian a notamment participé à la contribution allemande pour le manifeste du Parti vert européen (Verts/ALE), lors des dernières élections européennes.
Une spécialiste de l’UE aux manettes
En 2022, Ricarda Lang et Omid Nouripour avaient succédé au vice-chancelier et ministre de l’Économie et du Climat Robert Habeck et à la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock. D’après les statuts du mouvement, les dirigeants des Verts ne peuvent en effet cumuler plusieurs fonctions.
Selon Der Spiegel, Franziska Brantner, Andreas Audretsch et Felix Banaszak sont les favoris pour reprendre la tête du parti. Les Verts désignent généralement deux chefs, un homme et une femme. Par convention, les deux présidents représentent respectivement l’aile gauche et l’aile modérée du parti.
Franziska Brantner est connue dans les milieux européens pour être l’une des meilleures spécialistes allemande de l’Union européenne (UE). Cette dernière était pressentie pour devenir la commissaire européenne de l’Allemagne en cas de départ de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.
Ancienne eurodéputée (2009-2013), elle s’était faite un nom en tant que coordinatrice du groupe des Verts pour la politique étrangère. Elle a aussi travaillé sur la politique européenne en matière de droits humains au sein du think tank du Conseil européen pour les relations internationales (ECFR).
Lorsque Robert Habeck est devenu ministre de l’Économie, Franziska Brantner a rejoint son ministère en tant que secrétaire d’État.
Felix Banaszak et Andreas Audretsch sont tous deux membres du Bundestag.
Robert Habeck en pleine préparation pour les élections ?
La nouvelle direction devra préparer le parti pour les fédérales de 2025, en travaillant en étroite collaboration avec la tête de liste du parti. Cette fonction pourrait revenir à Robert Habeck, après la décision d’Annalena Baerbock de ne pas mener une seconde campagne électorale, après celle de 2021.
« Ricarda Lang et Omid Nouripour illustrent ce que signifie diriger un parti : la responsabilité. Ils ouvrent la voie à un nouveau départ », a expliqué Robert Habeck à l’agence dpa.
[Édité par Laurent Geslin]