Allemagne : Olaf Scholz confiant dans sa réelection pour un deuxième mandat

Le chancelier allemand Olaf Scholz a rejeté les affirmations selon lesquelles son gouvernement ne ferait qu’un seul mandat, malgré les luttes intestines et la chute de sa popularité durant la première moitié de son mandat.

Euractiv.com
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La coalition de Olaf Scholz a été en proie à des querelles intestines au cours des derniers mois, en particulier concernant une loi visant à accélérer la transition vers des systèmes de chauffage écologiques, projet phare des Verts. [[EPA-EFE/FILIP SINGER]]

Le chancelier allemand Olaf Scholz a rejeté les affirmations selon lesquelles son gouvernement ne ferait qu’un seul mandat, malgré les luttes intestines et la chute de sa popularité durant la première moitié de son mandat.

Le Parti social-démocrate (SPD) de Olaf Scholz est actuellement en troisième position dans les sondages, juste derrière le parti conservateur Union chrétienne-démocrate (CDU) et le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), tandis que les deux autres partis formant la coalition dite en « feu tricolore » au pouvoir, à savoir les Verts et le Parti libéral-démocrate (FDP), n’obtiennent plus la majorité dans les sondages d’opinion.

« Je me trouve au début de mon mandat », a rappelé M. Scholz aux journalistes lors de la traditionnelle conférence de presse estivale du chancelier.

La coalition de M. Scholz a été en proie à des querelles intestines au cours des derniers mois, en particulier concernant une loi visant à accélérer la transition vers des systèmes de chauffage écologiques, projet phare des Verts. En effet, ce projet de loi a suscité une vive résistance de la part du FDP, qui en a critiqué le coût élevé pour les citoyens.

« Ni moi ni personne n’a apprécié que cette question soit débattue aussi publiquement », a reconnu M. Scholz, qui a reconnu que son gouvernement devait apprendre à faire des compromis.

Dans le sillage des querelles intestines du gouvernement, l’AfD d’extrême droite, a grimpé dans les sondages, dépassant le SPD de M. Scholz.

M. Scholz a refusé de reconnaître que les actions de son gouvernement avaient pu contribuer à la montée soudaine de l’AfD, évoquant plutôt l’anxiété générale de l’opinion publique face aux changements générationnels.

« Je suis convaincu que l’AfD ne fera pas mieux aux prochaines élections qu’aux précédentes », a-t-il ajouté.

Des difficultés inédites

Le chancelier a tenu à attirer l’attention sur les difficultés inédites auxquels son gouvernement a été confronté, en évoquant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui « influence encore la vie de tout le monde en ce moment ».

« [Ce gouvernement] a réussi à sortir le pays d’une crise énorme », a affirmé M. Scholz.

« L’automne dernier, tout le monde craignait un hiver froid et une crise économique qui durerait dix ans. Aujourd’hui, on a complètement oublié que ce problème avait existé », a souligné le chancelier. En effet, l’Allemagne craignait de manquer de gaz après que la Russie a interrompu ses livraisons en réaction aux sanctions de l’Union européenne.

Le gouvernement a bien réagi au tournant (Zeitenwende) imposé par la guerre russe en Ukraine, qui a permis, selon M. Scholz, à Berlin de se concentrer sur la politique de sécurité. Le chancelier a également réaffirmé que le pays continuerait à soutenir l’Ukraine « aussi longtemps que nécessaire ».

Le gouvernement a également mis à la disposition de l’armée allemande un fonds spécial de 100 milliards d’euros, conformément à l’objectif de l’OTAN de consacrer 2 % du PIB à la défense. L’Allemagne atteindra cet objectif pour la première fois l’année prochaine et cela devrait continuer au-delà de 2024 et de la capacité du fonds, selon M. Scholz.

D’autres épreuves à venir

Le gouvernement de coalition de M. Scholz sera confronté à un certain nombre de tests qui mettront à l’épreuve sa popularité alors que la seconde moitié de son mandat débutera par des élections régionales dans deux États allemands.

Les élections dans l’est de l’Allemagne en 2024 pourraient être d’une importance cruciale, car la popularité de l’AfD dans la région signifie qu’il y a une réelle chance qu’un parti d’extrême droite entre dans un gouvernement régional pour la première fois dans l’histoire d’après-guerre de l’Allemagne.

Pour le chef whip de la CDU, Thorsten Frei, « la description joyeuse du [future par le] chancelier n’a rien à voir avec la réalité de l’Allemagne ».

« De nombreuses personnes ont peur de perdre leur place dans la société », a confié M. Frei à EURACTIV, prévenant que l’inflation, la récession, la désindustrialisation et le chaos de la loi sur le chauffage ne peuvent pas être effacés par M. Scholz.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]