Angela Merkel soutient le commissaire allemand pour un second mandat

Le commissaire à l'énergie actuellement en fonction, Günther Oettinger, devrait exercer un second mandat au sein de l'exécutif européen après avoir reçu le soutien des chrétiens démocrates allemands et du SPD.

EURACTIV.de
Günther Oettinger,  commissaire européen chargé de l’Energie à la Réunion trilatérale sur la sécurité énergétique entre l’UE, la Russie et l’Ukraine juin 2014 ©Commission européenne
Günther Oettinger, commissaire européen chargé de l'Energie à la Réunion trilatérale sur la sécurité énergétique entre l'UE, la Russie et l'Ukraine juin 2014 ©Commission européenne

Le commissaire à l’énergie actuellement en fonction, Günther Oettinger, devrait exercer un second mandat au sein de l’exécutif européen après avoir reçu le soutien des chrétiens démocrates allemands et du SPD.

Une nouvelle carte vient d’être abattue dans la partie de poker pour désigner les candidats aux hautes fonctions européennes : le commissaire à l’énergie, Günther Oettinger, devrait rester membre de la Commission européenne. 

« Monsieur Oettinger fait du bon travail », a déclaré Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement. « La chancelière [Angela Merkel] le soutient toujours en tant que commissaire allemand », a-t-il ajouté. Pourtant, rien ne prouve que Günther Oettinger sera toujours responsable du portefeuille de l’Énergie. « La distribution des portefeuilles doit être encore clarifiée avec le futur président de la Commission », a indiqué Steffen Seibert.

« Mme Merkel fait preuve d’intelligence en ne décidant pas encore du portefeuille à attribuer à M. Oettinger. Il faut attendre avant tout qu’un nouveau président de la Commission soit élu et, le cas échéant, que les 28 chefs d’État et de gouvernement discutent avec lui [ou elle] », a expliqué à EURACTIV Allemagne Herbert Reule, président de la délégation CDU/CSU au Parlement européen.

Il salue l’expertise d’Oettinger dans son domaine :« La nouvelle nomination de Günther Oettinger est une décision très importante pour l’Allemagne et pour l’Europe. Dans le cadre de la politique énergétique, il a géré son mandat, à la fois complexe et stratégique, avec clairvoyance et habileté du point de vue économique et de la politique extérieure ». L’eurodéputé conservateur allemand espère que Günther Oettinger obtiendra « un portefeuille clé, au sein duquel il peut contribuer à façonner une Union européenne compétitive ».

Les sociaux-démocrates sont presque acquis

Le SPD pourrait soutenir la candidature de M. Oettinger à la condition que Martin Schulz, tête de liste des sociaux-démocrates aux européennes, soit de nouveau président du Parlement européen, a souligné Udo Bullmann, président des eurodéputés du SPD au sein du Parlement européen, lors d’un entretien avec EURACTIV Allemagne.

Angela Merkel et le leader du SPD, Sigmar Gabriel, ont négocié un accord similaire la semaine passée :le SPD renonce par conséquent à nommer le commissaire allemand. En contrepartie, Angela Merkel s’est engagée à ce les députés allemands du Parti populaire européen  au minimum votent en faveur de Martin Schulz.

Pour Udo Bullmann, « si cette proposition devait se concrétiser, alors le SPD ne refuserait pas la nomination de M. Oettinger ».

Le Conseil désigne 27 commissaires dans le cadre d’un accord avec le nouveau président de la Commission. Le président de la Commission attribue ensuite un domaine politique spécifique à chaque commissaire. Chaque État membre propose un commissaire. Le Parlement européen peut approuver ou rejeter la nouvelle Commission, mais seulement en bloc et non au cas par cas.

Udo Bullmann en convient, Günther Oettinger « est un Européen engagé ». « Le vote du groupe social-démocrate du Parlement européen en faveur de Günther Oettinger en tant que membre de la nouvelle Commission dépendra du type de portefeuille qu’il se verra assigner et la politique qu’il comptera mener », a poursuivi l’eurodéputé social-démocrate.

Des Verts peu enthousiastes

Les Verts se sont montrés plus critiques quant à la décision d’Angela Merkel :« La proposition d’Angela Merkel de maintenir son commissaire à l’énergie à Bruxelles n’est pas un bon signe pour la politique européenne en matière de climat et d’énergie », a déclaré pour sa part Rebecca Harms, co-présidente des Verts allemands au sein du Parlement européen.

Selon elle, Günther Oettinger a tenter de faire capoter la transition énergétique allemande. « Il n’a tiré aucun enseignement de la crise russe et s’entête à maintenir le vieux modèle de mix énergétique qui repose sur le charbon et le nucléaire. Il estime également que le gaz de schiste est la source d’énergie la plus importante à l’avenir. Enfin, il veut plafonner la part dédiée aux énergies renouvelables ».

Les 28 dirigeants européens vont entre autres nommer un nouveau président de la Commission lors du prochain sommet européen du 26 et 27 juin prochains qui se tiendra à Ypres et à Bruxelles. Jean-Claude Juncker, candidat de tête de liste du PPE, a de bonnes chances d’être désigné pour le poste. Le cas échéant, le Parlement européen devrait l’élire à la majorité absolue lors de sa deuxième session plénière qui aura lieu mi-juillet.