ArcelorMittal pourrait accueillir un projet-pilote européen de stockage de CO2

Le ministre de l’Industrie, Eric Besson, vient de signer le permis d’exploration autorisant le lancement d’un projet démonstrateur de captage-stockage de CO2 sur le site d’ArcelorMittal de Florange. Il a demandé dans le même temps une aide européenne.

EURACTIV.fr

Le ministre de l’Industrie, Eric Besson, vient de signer le permis d’exploration autorisant le lancement d’un projet démonstrateur de captage-stockage de CO2 sur le site d’ArcelorMittal de Florange. Il a demandé dans le même temps une aide européenne.

Ce serait un premier pas vers la mise en œuvre des technologies innovantes issues des efforts de recherche de l’industrie sidérurgique européenne, pour lutter contre le réchauffement climatique.

Le ministre de l’Industrie, Eric Besson, a annoncé, mercredi 19 octobre, avoir signé le permis d’exploration autorisant l’implantation d’infrastructures de captage et stockage de gaz à effet de serre sur le site d’ArcelorMittal de Florange, en Lorraine, après examen des sous-sols.

Ce projet-pilote, développé dans le cadre du programme de recherche ULCOS (Ultra-Low Carbon dioxide Steelmaking), est le fruit d’une initiative d’un consortium de 48 entreprises et organisations européennes visant à réduire de 50% les émissions de CO2 de l’industrie sidérurgique.

ULCOS est subventionné pour 40% par la Commission européenne, à travers son 7ème Programme-cadre et le Fonds pour la recherche sur le charbon et l’acier.

600 millions d’euros

Eric Besson a déclaré sur France Info, mercredi, que le gouvernement participerait à hauteur de 150 millions d’euros au financement de ce projet-pilote, dont le coût total est estimé à 600 millions d’euros.

Le ministre a demandé dans le même temps une aide européenne. Une source responsable du dossier à ArcelorMittal a expliqué à EURACTIV.fr que l’UE pourrait apporter près de 230 millions d’euros, grâce à la vente de quotas d’émissions de CO2 placés spécialement en réserve pour financer ce type de projets.

Bruxelles soutiendrait l’initiative à travers son programme NER 300, destiné à promouvoir le financement de 8 projets axés sur des technologies de captage et de stockage du CO2 et de 34 autres, liés aux énergies renouvelables.

La région Lorraine et un consortium d’entreprises, dont ArcelorMittal, devraient également apporter leur contribution.  

Fermeture temporaire

Mais alors même que l’État français s’engage à soutenir le projet, le numéro un mondial de la sidérurgie a interrompu l’activité du deuxième haut fourneau de l’aciérie de Florange. Une fermeture définitive du site signerait la mort du projet.

Selon une source à ArcelorMittal, la mise en veille du site est imposée par l’état de la conjoncture économique : « C’est une leçon tirée de la crise, qui nous incite à mieux s’adapter à l’évolution de la demande ». La fermeture ne serait que temporaire, assure-t-elle.

Pour autant, l’inquiétude reste forte, à la hauteur de la mobilisation française pour accueillir le projet à Florange. Car il est perçu comme le moyen d’assurer la survie de l’industrie sidérurgique en Lorraine.

Après Gandrange, une fermeture définitive du site serait « une véritable catastrophe pour la région et très certainement la fin de la sidérurgie lorraine », déplore l’eurodéputée européenne ADLE, Nathalie Griesbeck.

Le redémarrage du site de Florange, qui est une opération assez complexe, devrait tout de même coûter près de 4 millions d’euros à ArcelorMittal. 

Vendredi 14 octobre, le groupe a annoncé la fermerture définitive de deux hauts fourneaux situés près de Liège, en raison notamment du ralentissement de l’activité économique mondiale.

Le candidat socialiste à la présidentielle de 2012, François Hollande, s’est engagé à plaider en faveur du projet auprès de Bruxelles.