Attaque du Hamas contre Israël : la réaction de La France insoumise provoque des remous à gauche
Alors que la classe politique française a unanimement condamné les attaques perpétrées par le Hamas contre Israël, le mouvement de gauche radicale La France insoumise a été accusé de vouloir la relativiser.
Alors que la classe politique française a unanimement condamné les attaques perpétrées par le Hamas contre Israël, le mouvement de gauche radicale La France insoumise a été accusé de vouloir la relativiser.
« L’offensive armée de forces palestiniennes menée par le Hamas intervient dans un contexte d’intensification de la politique d’occupation israélienne à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est », a déclaré La France insoumise (The Left au Parlement européen) par communiqué samedi (7 octobre).
Ces propos s’ajoutent à ceux de plusieurs responsables politiques de la formation de gauche radicale, dont celle du leader du mouvement, Jean-Luc Mélenchon, sur X : « Toute la violence déchaînée contre Israël et à Gaza ne prouve qu’une chose : la violence ne produit et ne reproduit qu’elle-même ».
Dans la foulée, ces propos ont été vivement critiqués par le reste de la classe politique, y compris par ses alliés de gauche.
Le député socialiste Jérôme Guedj s’est indigné de la prise de position des insoumis, car « toute prise de parole qui ne condamne pas le terrorisme du Hamas, les victimes civiles israéliennes, […] [le] dégoûte ». Une telle position, « si non suspecte, elle pose problème parce qu’elle ne dit pas clairement les choses », a-t-il estimé.
Le député s’est dit « abasourdi, dégoûté, effrayé, de voir qu’à ce moment-là on pouvait […] chercher des circonstances explicatives à l’intervention de terroristes ».
Un avis partagé par ses collègues, dont la députée Valérie Rabault, qui s’étonne de la formulation du communiqué de LFI sur X : « Que certains à gauche parlent du Hamas comme “des forces armées palestiniennes” me dégoûte. Le Hamas est une organisation terroriste », a-t-elle rappelé. Le Hamas, une organisation islamiste, est en effet qualifié d’organisation terroriste par l’Union européenne depuis 2001. « Son projet politique et militaire demeure la destruction de l’État d’Israël », a rappelé le Parti socialiste dans un communiqué diffusé dimanche soir.
En vue des déclarations de LFI, « la question de rester dans la NUPES [la coalition de gauche] se pose », a déploré M. Guedj sur la radio RCJ.
La majorité, la droite et l’extrême droite s’en prennent à LFI
Les responsables politiques opposants à la gauche s’en sont également pris à La France insoumise, en dénonçant ses « ambiguïtés ».
Pour la Première ministre Elisabeth Borne, interviewée sur BFMTV dimanche, « les positions de La France insoumise sont bien connues, avec beaucoup d’ambiguïtés, avec de l’antisionisme, donc, en effet, c’est parfois une façon aussi de masquer une sorte d’antisémitisme ».
« Madame Borne profite de la guerre au Moyen-Orient pour mener sa guerre contre LFI. […] L’approbation du massacre en cours déshonore madame Borne », a réagi le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon sur X.
La cheffe du gouvernement a aussi été interrogée sur la position du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) de Philippe Poutou, formation d’extrême gauche, qui a proposé une alliance à LFI pour les européennes, a notamment exprimé « son soutien aux Palestiniens et aux moyens de lutte qu’ils ont choisi pour résister ».
« Je ne vais pas faire le travail de la justice à la place de la justice, mais l’apologie du terrorisme est pénalement répréhensible », a répondu Mme Borne. Plusieurs avocats ainsi que l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) a annoncé porter plainte contre le NPA pour apologie du terrorisme.
Ce n’est pas la première fois que les questions relatives à Israël provoquent des remous au sein de la gauche française. Cela avait par exemple été le cas lorsque LFI et les communistes avaient soutenu une résolution — rejetée par l’Assemblée nationale — dénonçant « le régime d’apartheid » dont Israël se rendrait coupable et appelant au boycott de l’État hébreu.
Comme Euractiv France l’avait rapporté, les socialistes s’étaient retrouvés isolés par rapport à leurs camarades de la NUPES, en s’opposant à cette résolution, tandis que la droite et le centre avaient fustigé « l’obsession » d’une partie de la gauche à l’égard d’Israël.