Au Brésil, des eurodéputés réclament des garanties sur l'environnement
Une délégation d'eurodéputés en visite jusqu'à jeudi au Brésil a réclamé au gouvernement Lula davantage de garanties sur la préservation de l'environnement pour débloquer la ratification de l'accord commercial entre l'Union Européenne et le Mercosur.
Une délégation d’eurodéputés en visite jusqu’à jeudi au Brésil a réclamé au gouvernement Lula davantage de garanties sur la préservation de l’environnement pour débloquer la ratification de l’accord commercial entre l’Union Européenne et le Mercosur.
« Pour cette ratification, l’Europe a besoin d’un fort engagement (de la part du Brésil) et de mécanismes clairs pour garantir le développement durable », a dit à l’AFP l’eurodéputée allemande Anna Cavazzini (Verts), à Sao Paulo.
L’UE compte notamment exiger que les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) s’alignent sur la législation européenne en matière d’environnement.
Il leur faudrait par exemple respecter une loi adoptée en avril qui interdit l’importation de produits agricoles issus de la déforestation.
Le ministre des Affaires étrangères du Brésil, Mauro Vieira, a critiqué la semaine dernière la « vision très protectionniste » de l’UE et ses objectifs environnementaux « extrêmement » stricts.
Les quinze eurodéputés, qui font partie du Comité de commerce international (INTA) du Parlement européen, sont arrivés au Brésil dimanche (14 mai), à Brasilia, avant de se rendre à Sao Paulo mercredi et de partir pour l’Uruguay jeudi.
Ils ont rencontré à Brasilia la ministre de l’Environnement Marina Silva, qui a réitéré les promesses du gouvernement Lula de mettre fin à la déforestation illégale et de réduire d’au moins 50% les émissions de CO2 dans son pays d’ici 2030.
L’UE et le Mercosur ont conclu un accord commercial en 2019, après plus de vingt ans de négociations complexes, mais celui-ci n’a pas été ratifié en raison notamment des préoccupations européennes sur les politiques environnementales de l’ancien président brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022).
Mais les positions ont évolué avec le retour au pouvoir pour un troisième mandat de Luiz Inacio Lula da Silva, qui s’est engagé à faire de la préservation de l’environnement une priorité.
L’eurodéputé portugais de gauche Joao Albuquerque a souligné le « changement important de contexte politique ». Son compatriote José Manuel Fernandes (Démocrate chrétien) a indiqué qu’il y avait « une majorité favorable à l’accord au sein du Parlement européen ». « J’espère qu’il sera ratifié d’ici la fin de l’année », a-t-il ajouté.
Le Français Yannick Jadot (Vert) s’est pour sa part dit favorable à « rouvrir la négociation », mais sans pour autant précipiter la ratification. « L’accord était au congélateur à cause de Bolsonaro, mais ce n’est pas suffisant de se baser uniquement sur des engagements du gouvernement Lula », a-t-il estimé.
Les agriculteurs européens redoutent de voir affluer sur le marché européen davantage de denrées sud-américaines soumises à des standards de production moins exigeants.