Au Canada, Gabriel Attal dénonce l’alliance de « ceux qui ont porté le Ceta pour le mettre en échec »

Lors de son voyage au Canada, Gabriel Attal a dénoncé les alliances de la gauche et de la droite françaises qui ont soutenu le Ceta en 2019 avant de s’y opposer dernièrement au Sénat. Il demande « un peu de temps » avant un nouveau vote pour « éclairer la représentation publique ».

Euractiv France
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Le Premier ministre a accusé la droite (Les Républicains, PPE) du Sénat d'avoir rallié l’ensemble de la gauche dans son opposition au Ceta, des formations politiques qui ont voté pour l'accord à l'Assemblée nationale en 2019. [Antonin Albert / Shutterstock]

Lors de son voyage au Canada, Gabriel Attal a dénoncé les alliances de la gauche et de la droite françaises qui ont soutenu le Ceta en 2019 avant de s’y opposer dernièrement au Sénat. Il demande « un peu de temps » avant un nouveau vote pour « éclairer la représentation publique ».

Alors que le Sénat a rejeté l’accord commercial avec le Canada (Ceta) le 21 mars dernier, le Premier ministre a profité de son voyage au Canada pour rappeler son importance au côté de son homologue Justin Trudeau.

« C’est la droite et la gauche qui se sont alliées pour mettre en échec l’accord au Sénat, dans un contexte de campagne des Européennes », a martelé Gabriel Attal lors d’une conférence de presse jeudi (11 avril).

Le volet commercial de l’accord, déjà en application depuis 2017, doit être validé par les 27 États membres. À l’heure actuelle, dix doivent encore donner leur feu vert.

En France, le dernier mot revient désormais à l’Assemblée nationale.

Mais alors que les députés communistes veulent organiser un vote lors de leur niche parlementaire le 30 mai prochain, le gouvernement a annoncé qu’il refusait de soumettre le texte avant les élections européennes.

Interrogé sur la possibilité d’un vote à l’Assemblée nationale ces prochains mois, le Premier ministre a demandé « du temps », afin de « démontrer l’impact positif pour les citoyens ».

« Le Ceta est un accord gagnant-gagnant entre la France et le Canada, entre l’Europe et le Canada », a soutenu le Premier ministre.

L’accord « a eu comme effet énormément de croissance, de création d’emploi et de bénéfices pour les travailleurs et les entreprises françaises et canadiennes, y compris les agriculteurs », a ajouté Justin Trudeau.

Gabriel Attal a insisté sur l’augmentation d’un tiers des échanges depuis six ans, et un excédent agricole et agroalimentaire multiplié par trois, en particulier dans la filière vin et spiritueux et les produits laitiers.

De leur côté, les opposants craignent de potentielles importations de viandes, comme le « bœuf aux hormones », interdits dans l’UE.

Alliance de la gauche et la droite

Le Premier ministre a enfin accusé la droite (Les Républicains, PPE) du Sénat d’avoir rallié l’ensemble de la gauche dans leur opposition au Ceta, des formations politiques qui avaient largement voté pour l’accord à l’Assemblée nationale en 2019.

Selon lui, il y a eu une « alliance de ceux qui ont porté le Ceta pour le mettre en échec ».

Le Premier ministre attend désormais les travaux parlementaires en cours sur le bilan de l’accord provisoire. De même que la « mission » demandée sur les clauses miroirs en vigueur devrait « éclairer la représentation nationale », a-t-il terminé.

« J’ai énormément confiance en la capacité des Français à et de la classe politique française à voir l’intérêt qui existe pour plus de commerce, surtout avec un pays amis », a lancé M. Trudeau, regrettant les « préoccupations protectionnistes » de la France.