Au G20 agricole, la fumée sera "blanche ou noire", selon Le Maire

Les "négociations sont difficiles" mais le ministre français de l’agriculture ne reculera pas. La réunion des 22 et 23 juin doit permettre l’émergence d’une nouvelle gouvernance mondiale dans ce domaine.

EURACTIV.fr
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Les « négociations sont difficiles » mais le ministre français de l’agriculture ne reculera pas. La réunion des 22 et 23 juin doit permettre l’émergence d’une nouvelle gouvernance mondiale dans ce domaine.

Le ton est ferme. A l’issue du G20 agricole qui se déroule à Paris les 22 et 23 juin prochains, « ce sera fumée blanche ou fumée noire », a déclaré le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire.

Il s’exprimait lors d’une réunion internationale d’agriculteurs organisée par les syndicats agricoles FNSEA et Jeunes Agriculteurs, vendredi 17 juin.

Pas question pour la France d’accepter un compromis qui réduirait un an de négociations à néant. « Il n’y aura pas de second G20 agricole sous présidence française », a précisé Bruno Le Maire. L’objectif de la France est de faire en sorte que « le 21e siècle ne soit pas celui de la faim dans le monde », a-t-il martelé de nombreuses fois dans son discours. 

Un plan en cinq points

Le ministre, qui pilotera les réunions de la semaine prochaine, a détaillé les axes du plan français sur la base duquel les diplomates cherchent à obtenir un accord.

Augmenter la production est tout d’abord l’élément indispensable pour éviter une trop grande tension entre l’offre et la demande et nourrir une population mondiale en croissance. Pour y parvenir, les États doivent mener des politiques de développement, mais le secteur privé doit aussi être incité à investir et à innover.

Très souvent considérée comme responsable de l’envolée du prix des matières premières, la spéculation doit également être encadrée. « Nous ne voulons pas aller contre le marché, nous voulons améliorer le marché », a déclaré Bruno Le Maire.

Pour ce faire, le ministre plaide pour une meilleure transparence des stocks et des prévisions. Il espère ainsi limiter les réactions brutales des traders.

Meilleure gouvernance

En parallèle, les transactions elles-mêmes devraient être plus reglementées pour connaitre l’identité des acteurs du marché et les obliger à disposer partiellement des sommes engagées avant de pouvoir opérer un achat. Aujourd’hui, un fonds d’investissement peut acheter et revendre sans avoir déboursé un centime, ce qui favorise la spéculation et la volatilité des prix.

Les deux derniers points sont liés. Il s’agit d’améliorer la coopération entre les pays du G20 et éviter le « chacun pour soi ». La veille, Nicolas Sarkozy avait évoqué la possibilité de renforcer le rôle de l’Organisation des nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO).

Réserves stratégiques mondiales

Bruno Le Maire voudrait aller jusqu’à obtenir des engagements fermes des pays producteurs concernant les restrictions à l’exportation, souvent utilisées lors de tensions sur les marchés. En 2010, la Russie, gros exportateur de blé, avait fermé ses frontières.

Le Français milite également pour la création de réserves stratégiques et rapidement mobilisables en cas de crise, en faveur des pays les plus vulnérables à l’augmentation des prix. 

« Négociations difficiles »

A cinq jours du G20 agricole qui doit se tenir à Paris, le ministre français a toutefois reconnu en marge de son intervention que « les négociations sont difficiles ».

Les points d’achoppement portent principalement sur les transparences des stocks, certains pays ne souhaitant pas communiquer leur réserves stratégiques. L’encadrement des marchés financiers peine aussi, les intérêts financiers se chiffrant en milliards d’euros.