Au Parlement européen, 157 députés se battent pour les droits LGBTI
L’intergroupe LGBTI du Parlement européen surveille de près les États membres tout en influençant les dossiers législatifs « pour s’assurer que la communauté LGBTI ne soit pas oubliée », a confié à EURACTIV la coprésidente de l’intergroupe LGBTI, Kim van Sparrentak.
L’intergroupe LGBTI du Parlement européen surveille de près les États membres tout en influençant les dossiers législatifs « pour s’assurer que la communauté LGBTI ne soit pas oubliée », a confié à EURACTIV la coprésidente de l’intergroupe LGBTI, l’eurodéputée Kim van Sparrentak (Verts/ALE).
L’intergroupe est un organe de surveillance politique des droits LGBTI dans l’UE et une plateforme permettant aux eurodéputés de faire pression pour que la législation européenne englobe les droits LGBTI et les dispositions relatives à l’égalité.
Il compte 157 eurodéputés provenant des 27 États membres de l’UE et de presque tous les groupes politiques, dont le groupe des Socialistes et Démocrates (S&D), le Parti populaire européenne (PPE), Renew Europe, les Verts et la Gauche.
Le fait d’avoir des membres issus de l’ensemble du spectre politique « signifie que nous pouvons nous assurer que les sujets [pertinents pour les personnes LGBTI] figurent en bonne place dans l’agenda de tous les groupes politiques », a-t-elle indiqué Mme van Sparrentak.
Promouvoir l’égalité avec la législation européenne
Le dossier phare de l’intergroupe est le règlement visant à parvenir à une reconnaissance égale des « familles arc-en-ciel », ou homoparentales, par les États membres, proposé par la Commission en décembre.
Cette proposition a été faire après que le Parlement a demandé à ce que des mesures soient prises pour garantir l’application du principe de reconnaissance mutuelle de la parentalité établi par la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).
Un autre dossier clé est la directive sur la lutte contre la violence envers les femmes, « qui pour nous est absolument cruciale pour inclure la violence sexiste afin d’élargir son champ d’application à la violence intersexe, par exemple », a déclaré Mme van Sparrentak. « Le fait d’être une femme cis, une femme trans ou une personne intersexe ne devrait pas avoir d’importance », a-t-elle ajouté.
Enfin, l’intergroupe travaille sur les nouvelles propositions faites par la Commission en décembre pour renforcer les organismes de promotion de l’égalité, dans le but de protéger les citoyens contre la discrimination à travers l’UE.
Outre ces dossiers spécifiques, l’intergroupe a également un objectif plus large : celui de faire en sorte que toute la législation de l’UE englobe l’égalité et les droits LGBTI. « Nous examinons toujours un grand nombre de textes législatifs et nous déposons des amendements pour nous assurer que nous avons notre mot à dire et que nous défendons l’égalité des droits dans d’autres législations », explique Mme van Sparrentak.
L’intergroupe s’assure également d’examiner « de très près » et de « maintenir la pression » sur la Commission pour s’assurer que ses appels « sont entendus » et pris en compte au niveau européen, a-t-elle ajouté.
Surveiller les États membres
Face à la multiplication des discours de haine et des actions contre la communauté LGBTI, une autre activité essentielle de l’intergroupe consiste à surveiller ce qui se passe dans l’Union européenne.
« Lorsque nous constatons qu’en Italie, les maires n’ont pas le droit de reconnaître les parents de même sexe ou qu’en Hongrie, la loi permet de signaler anonymement qu’un enfant vit avec deux personnes du même sexe, nous nous rendons immédiatement sur place, nous posons des questions à la Commission et nous veillons à être solidarité », a déclaré Mme van Sparrentak.
L’intergroupe se veut également un espoir pour les Européens dont les élus ignorent les droits LGBTI, ainsi qu’un « point de contact pour la communauté LGBTI en Europe ». « Il est tout aussi important et précieux de s’assurer que les gens se sentent entendus par nous », a-t-elle ajouté.
Mme van Sparrentak a cité l’exemple des zones sans idéologie LGBTI en Pologne, une série de résolutions à laquelle l’intergroupe a répondu en appelant l’UE à se déclarer elle-même zone de liberté pour la communauté LGBTIQ par solidarité avec la communauté LGBTI polonaise.
« Sommet Queer » en préparation des élections européennes
Les élections européennes étant prévues pour juin 2024, l’intergroupe a commencé à planifier son prochain mandat avec un « Sommet queer » à la fin du mois de juin avec les commissaires européens, les eurodéputés, les activistes et les organisations de la société civile, afin de discuter des priorités.
« Nous nous réunissons avec des activistes et des organisations de la société civile pour nous assurer que nous avons vraiment une bonne idée des prochaines étapes que nous pouvons pousser pour la législation dans le prochain mandat, et pour nous assurer que nous sommes unis », a déclaré Mme van Sparrentak.
Avec la montée de l’extrême droite en Europe, l’intergroupe prévoit notamment d’appeler à une résolution parlementaire demandant à la Commission de continuer à lutter pour les droits LGBTI.
« Si l’on considère de manière réaliste la montée de l’extrême droite, nous ne savons pas si nous aurons à nouveau autant de membres [au sein de l’intergroupe] lors de la prochaine législature, ce qui nous inquiète. Mais nous pouvons d’ores et déjà nous assurer que nous préparons dans une certaine mesure le terrain pour le prochain mandat », a conclu Mme van Sparrentak.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]