Au Portugal, le centre-droit arrive en tête des élections législatives

Les Portugais ont voté dimanche 18 mai pour leurs troisièmes élections législatives en trois ans. L’Alliance démocratique de centre-droit du Premier ministre Luís Montenegro arrive en tête du scrutin. Toutefois, elle ne devrait pas obtenir de majorité absolue au parlement.

/ EURACTIV.com
Legislative elections campaigns across Portugal
Luís Montenegro [EPA-EFE/MIGUEL A. LOPES]

Les Portugais ont voté ce dimanche 18 mai pour leurs troisièmes élections législatives en trois ans. L’Alliance démocratique (AD) de centre-droit du Premier ministre Luís Montenegro arrive en tête du scrutin. Toutefois, elle ne devrait pas obtenir de majorité absolue au parlement.

D’après une enquête réalisée par le CESOP pour la chaîne publique RTP, l’AD recueillerait entre 29 % et 34 % des suffrages, devant le Parti socialiste (PS), crédité de 21 % à 26 %. Ce résultat insuffisant pour gouverner seul laisse présager des négociations politiques complexes.

Le parti d’extrême droite Chega devrait quant à lui atteindre 20-24 %, contre 18 % en 2024, renforçant ainsi son rôle de faiseur de roi potentiel au sein du prochain parlement.

La tenue de ce scrutin anticipé fait suite à la chute du gouvernement de Luís Montenegro, renversé par une motion de censure en raison d’une polémique impliquant une société de conseil en protection des données appartenant à sa famille.

La campagne électorale a été dominée par les thèmes de la corruption et de l’immigration, mais elle a également été marquée par des évènements inattendus, tels que la panne d’électricité qui a touché la péninsule ibérique et perturbé un débat télévisé décisif entre Luís Montenegro et son principal adversaire, Pedro Nuno Santos, leader du PS.

Autre fait marquant : André Ventura, chef de file de Chega à qui les analystes attribuent l’ascension du parti, s’est effondré jeudi dernier lors d’un meeting en plein air — le deuxième incident du genre en une semaine. Il a été transporté en urgence à l’hôpital, suscitant l’inquiétude au sein de son parti.

Avec un parlement vraisemblablement sans majorité claire, tous les regards se tournent désormais vers Luís Montenegro. Sa capacité à bâtir une coalition stable sera déterminante pour la gouvernabilité du pays.

Pour l’instant, Luís Montenegro s’est abstenu de toute coopération formelle avec l’extrême droite. Il a exclu toute alliance avec Chega et a fait part de son intention de gouverner comme il l’a fait après les élections de mars 2024, c’est-à-dire en formant un gouvernement minoritaire et en recherchant des soutiens au cas par cas pour faire passer des textes de loi.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]