Au Royaume-Uni, Nigel Farage joue la carte de l’immigration pour les élections
Le sujet de l’immigration décidera du vainqueur des élections britanniques du 4 juillet, a déclaré Nigel Farage, alors que son parti, Reform UK, espère détrôner les conservateurs de leur deuxième place et devenir le principal opposant au Parti travailliste.
Le sujet de l’immigration décidera du vainqueur des élections générales britanniques du 4 juillet, a déclaré l’ancien chef du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), Nigel Farage, alors que son parti, Reform UK, espère détrôner le Parti conservateur de sa deuxième place et devenir le principal opposant au Parti travailliste.
« C’est l’élection de l’immigration », a posté M. Farage sur X mardi (28 mai).
Toutefois, selon un sondage YouGov, l’immigration ne serait que la troisième préoccupation majeure des citoyens britanniques actuellement.
L’économie et la santé arrivent en tête des sujets avec respectivement 51 % et 45 %. L’immigration et l’asile obtiennent 40 %, le score le plus élevé depuis le lendemain du référendum de 2016 sur l’appartenance à l’UE, une campagne qui s’est fortement appuyée sur des arguments anti-immigration.
En ce qui concerne les sondages électoraux, le Parti travailliste de Keir Starmer a conservé une avance de plus de 20 % sur les conservateurs depuis que le Premier ministre conservateurs Rushi Sunak a pris ses fonctions en octobre 2022.
UK (GB), Techne poll:
LAB-S&D: 45% (+1)
CON~ECR: 19% (-2)
REFORM~NI: 14% (+2)
LDEM-RE: 12%
GREENS-G/EFA: 5% (-1)
SNP-G/EFA: 2%+/- vs. 15-16 May 2024
Fieldwork: 22–23 May 2024
Sample size: 1,643https://t.co/Oc1WEqPB9Y pic.twitter.com/UEcGv9u0k8— Europe Elects (@EuropeElects) May 26, 2024
Alors que les partis politiques n’ont pas encore publié leurs programmes, les travaillistes devraient centrer leur campagne sur l’économie et la santé, l’immigration devant jouer un rôle moins important.
Parallèlement à cela, le gouvernement conservateur tente de faire passer un projet de loi visant à expulser les immigrés clandestins et les demandeurs d’asile vers le Rwanda, une initiative controversée qui a fait couler beaucoup d’encre.
Ce projet de loi a suscité l’indignation des groupes de défense des droits humains et des réfugiés, tandis que plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, ont déclaré souhaité s’inspirer de Londres à ce sujet.
Si Rushi Sunak et Nigel Farage font tous deux campagne sur le thème de l’immigration, ils semblent cibler des groupes différents.
Le plan de l’actuel Premier ministre avec le Rwanda vise à dissuader les migrants d’essayer d’entrer au Royaume-Uni par des moyens que de nombreux acteurs britanniques considèrent comme illégaux.
Selon les données du ministère de l’Intérieur britannique, le nombre de migrants est passé de près de 46 000 en 2022 à un peu moins de 30 000 en 2023. Les chiffres pour 2024 suggèrent une trajectoire similaire à celle de 2021 et de l’année dernière.
Les trois principales nationalités de migrants clandestins et de demandeurs d’asile qui tentent de traverser la Manche à bord de petites embarcations sont les Vietnamiens, les Albanais et les Afghans.
Quant à Nigel Farage, il s’est concentré, lors d’une récente interview pour Sky News, sur des groupes moins spécifiques : les musulmans et ceux qui ne parlent pas l’anglais. Il a également évoqué les conservateurs qui, selon lui, n’en ont pas fait assez pour réduire l’immigration, qu’elle soit légale ou non.
Le parti Reform UK est en troisième position avec 14 % des voix, cinq points derrière les conservateurs et deux points devant les libéraux-démocrates.
Toutefois, la part des voix ne garantit pas l’obtention de sièges parlementaires dans le système britannique de scrutin uninominal à un tour, en particulier pour les petits partis.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]