Autriche : pas d’armes pour l’Ukraine, mais un soutien sans faille

L’Ukraine continuera de recevoir le soutien de l’Autriche, a déclaré son président Alexander Van der Bellen, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, mercredi à Kiev.

/ EURACTIV Allemagne
Austrian President Alexander Van der Bellen visits Ukraine
« L’Autriche est un pays neutre. Toutefois, la neutralité militaire ne signifie pas que nous sommes neutres en termes de valeurs. Si un État en Europe en envahit un autre, nous ne resterons jamais indifférents », a expliqué M. Van der Bellen. [EPA-EFE/SERGEY DOLZHENKO]

L’Ukraine continuera de recevoir le soutien de l’Autriche, a déclaré son président Alexander Van der Bellen, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, mercredi à Kiev.

M. Van der Bellen était accompagné de la ministre des Transports Leonore Gewessler, du ministre du Travail Martin Kocher et de représentants de divers organismes humanitaires.

Après la visite de projets humanitaires auxquels participait l’Autriche, M. Van der Bellen a rencontré M. Zelensky pour discuter d’un soutien supplémentaire en amont du sommet entre l’UE et l’Ukraine prévu vendredi (3 février).

« L’Autriche est un pays neutre. Toutefois, la neutralité militaire ne signifie pas que nous sommes neutres en termes de valeurs. Si un État en Europe en envahit un autre, nous ne resterons jamais indifférents », a expliqué M. Van der Bellen.

Crainte d’une escalade militaire

L’annonce d’un soutien supplémentaire de la part de l’Autriche arrive quelques jours après que sa ministre de la défense Klaudia Tanner a affirmé que le pays n’enverrait pas d’armes en Ukraine, sous crainte d’une nouvelle escalade militaire.

Mme Tanner estimait que le plus grand danger serait de voir la guerre s’étendre à l’Europe, ce qui ne relèverait pas seulement de la guerre conventionnelle mais aussi d’une combinaison avec une guerre hybride et une augmentation des flux migratoires.

« En tant qu’Autrichiens, nous continuerons à soutenir le peuple ukrainien par des livraisons d’aide de différentes formes. Je tiens à vous en assurer », a ajouté le président autrichien. La solidarité de l’Autriche et de l’Union européenne avec l’Ukraine ne serait « pas purement idéaliste, mais tangible, visible et efficace » pour la population du pays.

L’Institut de Kiel pour l’économie mondiale indique que le gouvernement autrichien a apporté à l’Ukraine une aide humanitaire de 570 millions d’euros entre le 24 janvier et le 20 novembre 2022.

Au cours de sa visite mercredi, M. Van der Bellen a indiqué qu’un total de 56 millions d’euros avait été collecté grâce aux dons effectués par les citoyens dans le cadre de la campagne de dons, connue sous le nom de « Voisin dans le besoin ».

L’année dernière, l’Autriche a également envoyé à l’Ukraine des équipements militaires « non létaux » tels que des casques de protection provenant des stocks de l’armée et des gilets pare-balles, a précisé la ministre autrichienne de la Défense, Klaudia Tanner, rapporte le journal Wiener Zeitung.

« Encore plus de solidarité »

M. Zelensky a fait part de sa gratitude pour l’aide humanitaire fournie par l’Autriche. Il a néanmoins ajouté que son pays pourrait avoir besoin d’autres types de produits, tels que des systèmes de défense contre les drones. En outre, il a été suggéré que l’Autriche pourrait aider en matière de déminage. Cependant, Van der Bellen a déclaré qu’il ne pensait pas que la participation des forces armées autrichiennes au déminage d’une zone de guerre était compatible avec le principe de neutralité, a rapporté APA.

« Nous aurons besoin d’encore plus de solidarité, d’encore plus d’unité, d’encore plus de détermination face aux défis futurs », a déclaré M. Van der Bellen lors de la conférence de presse. « Notre volonté commune de vivre en paix et en liberté est plus forte que toute agression et restera plus forte que toute agression. »

Cette visite de solidarité a été critiquée par le chef du parti de droite autrichien FPÖ, Herbert Kickl, qui a affirmé que M. Van der Bellen ferait fi de la « neutralité perpétuelle et ancrée » de l’Autriche et qu’il provoquerait « une rupture totale avec la tradition de la politique étrangère autrichienne, vieille de plusieurs décennies. »