Aux côtés de Monti, François Hollande enfonce le clou sur la croissance

L’assainissement des comptes publics et la relance de la croissance en Europe doivent participer d’un même mouvement estime le président, toujours aussi énigmatique sur la réduction du déficit français.

EURACTIV.fr
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L’assainissement des comptes publics et la relance de la croissance en Europe doivent participer d’un même mouvement estime le président, toujours aussi énigmatique sur la réduction du déficit français.

Le président en a fait la clé de voûte de sa campagne. Ramener la croissance en France et en Europe. En bout de course, il ramène un maigre butin  : 120 milliards d’euros, dont la moitié provient de l’utilisation de fonds structurels déjà programmés dans le budget communautaire. Mais il est temps que les Européens se mettent en branle pour rendre ces fonds « immédiatement disponibles pour la croissance et l’emploi », a-t-il déclaré le 4 septembre, à l’issue de sa rencontre avec Mario Monti, son homologue italien.

Juridiquement, rien ne freine le lancement des premiers project bonds, ces obligations émises par des entreprises engagées dans des grands travaux d’infrastructures, puis garanties par des fonds européens (budget communautaire et banque européenne d’investissement). Les États ont déjà donné leur feu vert, suivis des parlementaires européens en juillet.

Compétitivité ne veut pas dire austérité

Techniquement, la donne est plus complexe et il faut que les États s’entendent sur des projets d’envergure européenne. Le projet du Canal Seine Nord, dont le financement prend l’eau, pourrait potentiellement s’inscrire dans un montage tel que celui des project bonds, a suggéré le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, en début de semaine.

L’Italien Mario Monti a de son côté passé en revue les réformes entreprises pour participer à l’effort de croissance national  : ouverture à la concurrence de secteurs protégés, réformes des retraites et, dans les semaines à venir, travail avec les partenaires sociaux sur le thème de la compétitivité.

Compétitivité ne veut pas dire austérité, a glissé François Hollande, dont la stratégie en faveur du « sérieux budgétaire » est toujours aussi énigmatique. Les dépenses resteront stables, de même que les effectifs de fonctionnaires, mais le déficit public va diminuer, promet-il.

Jouer cartes sur table

Si elle ne s’assoit pas sur les objectifs européens, la France doit réaliser un effort de 33 milliards d’euros pour ramener son déficit à 3% du PIB l’an prochain. A condition que la croissance s’établisse à 1%, quand plusieurs observateurs tablent sur 0,8% (FMI) voire 0,5%. Le gouvernement finira par jouer cartes sur table à la fin du mois, avec la présentation du projet de loi de finances pour 2013.