Avec le coronavirus, l’aventure tourne court pour les étudiants Erasmus
On leur promettait une expérience unique, un tas de rencontres… Le coronavirus et les mesures de confinement qui en ont découlé ont bouleversé leurs séjours. Bruxelles promet de ne pas les lâcher. Un article de notre partenaire Ouest-France.
On leur promettait une expérience unique, un tas de rencontres… Le coronavirus et les mesures de confinement qui en ont découlé ont bouleversé leurs séjours. Bruxelles promet de ne pas les lâcher. Un article de notre partenaire Ouest-France.
Ils sont plus de 140 000 jeunes Européens à s’être lancés dans l’expérience Erasmus ce semestre. Depuis l’arrivée de l’épidémie, leur sort est mal connu. La Commission européenne — qui gère le programme – peine à contacter les milliers d’universités pour évaluer la situation. Le Réseau des étudiants européens (ESN) a donc mené sa propre enquête. Sur les 22 000 jeunes en mobilité interrogés en mars, au moins 40 % sont rentrés chez eux et 42 % ont décidé de rester dans le pays d’échange.
« Je prenais un risque en rentrant chez moi, alors j’ai décidé de rester à La Corogne, en Espagne. Erasmus c’est aussi apprendre à s’adapter ! », raconte Adelina, une Roumaine de 23 ans, sur son blog. En séjour à Würzburg, en Bavière, le Normand Léonard Lambert a préféré rentrer à Avranches, mi-mars, « pour ne pas être confiné seul, loin de (sa) famille ». Mais tous n’ont pas eu le choix. 3,6 % des jeunes se disent « bloqués ». Ils n’ont pas pu rejoindre leur pays, pour des problèmes de transports (vols annulés, fermeture des frontières, etc.), faute de moyens ou d’information, liée à la barrière de la langue.
La bourse est-elle maintenue ?
S’ils restent dans le pays de destination et suivent les cours en ligne, les jeunes pourront conserver leur bourse Erasmus. Même chose s’ils sont rentrés avec des frais liés au séjour écourté (loyer, abonnement, etc.). Un complément d’aide est également prévu pour les surcoûts de voyage en cas de retour anticipé, et pour couvrir les dépenses de ceux qui devront prolonger leur séjour en raison de l’épidémie.
Leur semestre sera-t-il validé ?
Bruxelles encourage les établissements à continuer d’évaluer les étudiants en mobilité, via les outils numériques. Même rentrés, ils doivent pouvoir obtenir leurs crédits du semestre.
Seront-ils prioritaires pour repartir ?
« Aucune sélection ne doit être mise en œuvre pour les inscrits qui ne sont pas partis », affirme un porte-parole de l’exécutif européen. Insuffisant, juge le président de l’ESN, Kostis Giannidis. Il veut étendre cette procédure accélérée à tous ceux qui — une fois partis — n’ont pas pu vivre « un vrai Erasmus ». « Le programme via des cours en ligne n’a rien à voir avec l’expérience culturelle et la rencontre de nouvelles personnes ». Aux autorités nationales et aux établissements de décider, au cas par cas.
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