Avion ravitailleur : les protestations françaises portent un coup à l’entente transatlantique

Le premier ministre français François Fillon a dénoncé un sérieux manque de conformité aux règles américaines de concurrence après qu'un consortium européen ait été forcé de retirer sa candidature à un contrat de 26 milliards pour construire des avions ravitailleurs, que son rival américain Boeing a toutes les chances de remporter.

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Le premier ministre français François Fillon a dénoncé un sérieux manque de conformité aux règles américaines de concurrence après qu'un consortium européen ait été forcé de retirer sa candidature à un contrat de 26 milliards pour construire des avions ravitailleurs, que son rival américain Boeing a toutes les chances de remporter.

Boeing a payé pour une étude qui a conclu qu'un ravitailleur aérien construit par le constructeur aéronautique créerait 10 fois plus de nouveaux emplois américains que le projet du consortium entre Northrop Grumman et European Aeronautic Defence and Space Company (EADS).

Northrop et EADS ont déclaré qu'ils se retiraient de la course, Northrop ayant accusé le processus d'appel d'offres d'être biaisé en faveur de Boeing.

Selon cette étude, choisir Boeing pour développer et construire le ravitailleur devrait créer entre 62 605 et 70 706 nouveaux emplois aux Etats-Unis sur toute la durée du contrat.

Au contraire, le ravitailleur de Northrop et EADS mènerait à la création de seulement 7 080 nouveaux emplois américains, a affirmé l'étude.

Le gouvernement américain, selon moi, a obligé EADS à quitter la compétition pour les avions ravitailleurs américains, a déclaré M. Fillon. Je pense que l'attitude du gouvernement américain représente un sérieux manque de conformité aux règles de concurrence loyale établies entre nos pays, a ajouté le premier ministre français.

Le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Pierre Lellouche s'est montré encore plus critique. Le mot "scandale" est trop faible pour décrire l'offense faite, a-t-il dit. Il n'y aucune raison pour qu'une technologie, qui soit dit en passant est supérieure à la technologie américaine, soit éjectée du marché, a-t-il affirmé.

Thomas Enders, président d'Airbus et directeur général a également critiqué le gouvernement américain pour avoir biaisé le processus de sélection.

Louis Gallois, PDG d'EADS, a déclaré que son entreprise ne construirait pas d'usines en Alabama comme cela avait été envisagé précédemment, cette unité faisant partie d'un projet visant à assembler l'Airbus A300 sur le sol américain. Ce projet, a-t-il dit, n'est plus à l'ordre du jour. Le Boeing B767 est un avion plus petit et moins performant, a-t-il ajouté.

Le porte-parole de l'Elysée Luc Chatel a affirmé que le président français Nicolas Sarkozy soulèverait cette question lors de sa rencontre avec le président Obama à l'occasion de sa visite aux Etats-Unis fin mars.