L'UE ouvre une enquête antidumping sur le canard de Pékin chinois
Cette enquête fait suite à une plainte selon laquelle le soutien de l'État chinois aurait faussé les prix à l'exportation des canards.
La Commission européenne a ouvert jeudi une enquête antidumping concernant les importations de canard de Pékin en provenance de Chine, à la suite d’une plainte déposée en mai par cinq producteurs de l’UE.
La Chine a à plusieurs reprises pris pour cible les secteurs agricole et alimentaire de l’UE avec des mesures de défense commerciale, notamment des droits antisubventions sur les produits laitiers et des droits antidumping sur la viande de porc et le brandy. Bruxelles a principalement axé ses récentes enquêtes sur les produits industriels et chimiques, bien qu’elle ait également visé certaines importations chinoises de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux, notamment le maïs doux et la lysine.
La nouvelle enquête porte sur les importations de canards de Pékin, une race largement élevée pour la production de viande, y compris les canards entiers et les morceaux, qu’ils soient frais, réfrigérés, congelés, salés, fumés, préparés ou en conserve. Elle portera sur la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2025.
Dans leur plainte, les producteurs affirment que la production de canards en Chine bénéficie d’importantes distorsions du marché.
Ils citent le 14e plan quinquennal chinois pour la modernisation agricole, qui comprend des mesures de soutien aux secteurs de l’élevage et de la volaille, et soutiennent que des politiques similaires se poursuivront dans le cadre du 15e plan quinquennal récemment dévoilé.
Les producteurs font en outre valoir que le soutien public accordé à l’industrie chinoise de transformation du soja et à d’autres producteurs d’aliments pour animaux réduit artificiellement le coût de l’alimentation des canards, ce qui fausse les coûts de production.
La Commission a estimé que les éléments de preuve présentés sont suffisants pour justifier l’ouverture d’une enquête.
Cette décision a été saluée par l’AVEC, l’association représentant le secteur avicole de l’UE.
« L’AVEC est fermement convaincue que l’enquête confirmera l’existence d’importations faisant l’objet d’un dumping et causant un préjudice important aux producteurs de l’UE ; elle s’attend donc à ce que des droits antidumping, d’un niveau permettant de rétablir des conditions commerciales équitables, soient imposés aussi rapidement que possible », a déclaré Birthe Steenberg, secrétaire générale de l’AVEC, à Euractiv.
Cette enquête intervient plusieurs mois après la mise en évidence par un audit de l’UE de lacunes dans les contrôles de sécurité alimentaire effectués par la Chine sur ses exportations de viande de volaille et de lapin.
La Commission n’a pas suspendu les importations après la mise en œuvre de mesures correctives par les autorités chinoises, mais un audit de suivi est prévu pour l’automne 2026, a indiqué un porte-parole de la Commission.
(cm)