Balkans : la France menace de réintroduire les visas

Avec cinq autres capitales, Paris a envoyé une lettre à la Commission européenne pour se plaindre des fraudes à l’immigration et pourrait réintroduire les demandes de visas si rien n’est fait.

EURACTIV.fr

Avec cinq autres capitales, Paris a envoyé une lettre à la Commission européenne pour se plaindre des fraudes à l’immigration et pourrait réintroduire les demandes de visas si rien n’est fait.

En 2010, les pays des Balkans occidentaux avaient obtenu de la part de l’Union européenne la fin de visas pour leurs ressortissants. Les citoyens de Serbie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine, Albanie et Macédoine obtenaient ainsi le droit de voyager librement au sein de l’UE mais pas de s’installer. 

Manquements graves

La parenthèse pourrait rapidement se refermer. En effet, la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas ont envoyé lundi 15 octobre, un courrier à la Commission européenne dans lequel ils menacent de réintroduire les visas. Les six pays font état d’un grand nombre de demandes d’asile non fondées, avec de faux passeports. 

Ils demandent « un accord aussi rapide que possible pour une clause de sauvegarde qui permet de réintroduire [les procédures de visas] en cas de manquements graves », a précisé Michele Cercone le porte-parole de la la commissaire aux Affaires intérieures Cecilia Malmström. 

Pour les premiers mois de l’année 2012, l’Allemagne a reçu 4800 demandes, la Suède 4200. « Une tendance à la hausse », selon M. Cercone. 

25 octobre 

La Serbie a rapidement réagi à l’annonce. Le Premier ministre, Ivica Dacic, a déclaré que « cela concerne moins de 10 000 demandeurs d’asile en Europe. Il s’est dit prêt à payer « les coûts » causés par ces personnes, car ils seraient moins élevés que la réintroduction des visas.

Cité par le média serbe B92, M. Dacic a ajouté que la majorité des personnes concernées étaient principalement des Roms ou des Albanais et que la solution était « d’améliorer leurs conditions de vies, ce qui est un processus de long terme ». 

Selon le quotidien EuObserver, qui cite la députée européenne slovène de centre-droit Tanja Fajon, la requête des six pays sera examinée lors de la rencontre des ministres de l’intérieur le 25 octobre prochain.