Balkans : la paix "fragile" menacée par la Russie, l'Allemagne et la France nomment des conseillers spéciaux

La paix est menacée par la Russie qui se réjouirait de l’éclatement d’un conflit, a déclaré le Premier ministre albanais Edi Rama, tandis que la France et l’Allemagne ont nommé des conseillers spéciaux auprès de l’envoyé de l’UE pour le dialogue Serbie-Kosovo.

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L’interview parue ce week-end dans l’un des principaux médias allemands revient sur la situation géopolitique tendue dans la région, notamment entre le Kosovo et la Serbie, en mettant l’accent sur les relations de cette dernière avec Moscou. [EPA-EFE/GEORGI LICOVSKI]

La paix est menacée par la Russie qui se réjouirait de l’éclatement d’un conflit, a déclaré le Premier ministre albanais Edi Rama à Der Spiegel, tandis que la France et l’Allemagne ont nommé des conseillers spéciaux auprès de l’envoyé de l’UE pour le dialogue Serbie-Kosovo.

L’interview parue ce week-end dans l’un des principaux médias allemands revient sur la situation géopolitique tendue dans la région, notamment entre le Kosovo et la Serbie, en mettant l’accent sur les relations de cette dernière avec Moscou.

« M. Poutine dit Kosovo, Kosovo, Kosovo. La Russie alimente le conflit dans les Balkans et met en danger la paix fragile. Elle serait satisfaite si quelque chose évoluait dans le sens du conflit », a déclaré M. Rama.

Il a ajouté que la région est divisée au sujet de l’influence russe et occidentale, mais il maintient que « la décision d’indépendance du Kosovo était la bonne. Après tout, il y a maintenant un processus de paix et de réconciliation, même s’il va se poursuivre pendant longtemps. »

M. Rama a qualifié de positive l’initiative « Balkan ouvert », qui comprend la Serbie, l’Albanie et la Macédoine du Nord, mais pas le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro, en affirmant qu’elle pourrait stabiliser les relations.

« Récemment, il y a eu des développements encourageants dans les Balkans. Je souhaite donc que la Serbie, l’Albanie et le Monténégro créent une sorte de mini-zone Schengen pour faire de meilleurs échanges. »

Malgré les différences, les dirigeants de la région sont unis par un objectif commun ; « inverser le destin de l’histoire », a-t-il déclaré.

Dans une interview accordée à Euronews Serbie la semaine dernière, M. Rama a déclaré que la Serbie ne pouvait pas sanctionner la Russie, avec laquelle elle entretient des liens étroits.

« Elle n’a ni la capacité technique de vivre sans le gaz russe, ni la capacité financière de survivre. Et le fait que la Serbie ait voté trois fois de suite aux Nations unies pour condamner l’agression, et même pour exclure la Russie du Comité des droits de l’homme, cela signifie beaucoup », a-t-il expliqué.

« Bien sûr, j’aimerais que la Serbie sanctionne la Russie, mais je pense que cela apporterait beaucoup plus de problèmes que cela ne ferait de mal à la Russie. », a-t-il ajouté.

Conseillers spéciaux

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz ont envoyé une lettre au président serbe Aleksander Vucic pour l’informer qu’ils ont nommé des conseillers spéciaux pour soutenir l’envoyé spécial de l’UE, Miroslav Lajcak.

« Nous vous envoyons cette lettre commune à un moment d’une importance cruciale pour la sécurité du continent européen et la stabilité dans les Balkans occidentaux. Nous sommes convaincus que, à la lumière de l’agression russe contre l’Ukraine, nous devons faire des efforts encore plus importants pour que la perspective européenne des pays des Balkans occidentaux devienne une réalité et pour résoudre les différends bilatéraux et régionaux à long terme », est-il indiqué.

Ils demandent à M. Vucic de faire preuve d’un maximum de détermination et de volonté pour prendre des décisions difficiles.

« Nous nous tournons vers vous en tant que dirigeant de votre pays pour vous demander de faire preuve d’une détermination maximale et d’une volonté de prendre des décisions difficiles, qui permettent de faire progresser le dialogue entre le Kosovo et la Serbie sous les auspices de l’UE. Les tensions récentes ont montré qu’il est urgent de prendre des mesures constructives, tant sur le plan pratique que politique », poursuit la lettre.

M. Vucic a déclaré à plusieurs reprises que Belgrade ne reconnaîtra jamais l’indépendance de Pristina. Pendant ce temps, les tensions continuent de couver dans le nord du Kosovo, à majorité serbe, en raison des mesures de réciprocité imposées par le Premier ministre Albin Kurti.