Barack Obama réclame plus d'audace de la part de l'UE pour enrayer la crise
Le président américain, Barack Obama, a demandé hier (21 mai) à l'Europe de renforcer ses défenses contre les déboires des marchés et de recapitaliser ses banques dans le cadre d'une stratégie en quatre points visant à enrayer la crise de la zone euro.
Le président américain, Barack Obama, a demandé hier (21 mai) à l'Europe de renforcer ses défenses contre les déboires des marchés et de recapitaliser ses banques dans le cadre d'une stratégie en quatre points visant à enrayer la crise de la zone euro.
Les dirigeants européens se montrent de plus en plus déterminés et veulent enrayer la crise. La France, l'Allemagne et les autres pays européens sont d'accord à ce sujet, a déclaré M. Obama. Il a laissé entendre que l'Europe envisagerait d'élargir son approche pour résoudre la crise de la dette souveraine dans la zone euro.
« Je ressens plus un sentiment d'urgence aujourd'hui qu'il y a peut-être deux ans ou deux ans et demi », a expliqué M. Obama lors d'une conférence de presse à Chicago à l'issue de quatre jours de réunions dans le cadre du G8 et de l'OTAN.
Les dirigeants mondiaux craignent de plus en plus que l'approche fondée sur l'austérité budgétaire favorisée par l'Allemagne n'entraîne la sortie de la Grèce de la zone euro et aggrave les problèmes des banques espagnoles, ce qui pourrait déclencher une crise financière mondiale et replonger le monde dans la récession.
Un tel scénario mettrait la réélection de M. Obama en péril lors du scrutin de novembre prochain.
Le président américain, les fonctionnaires britanniques et français ont appelé à plus d'audace en amont d'un sommet crucial des dirigeants européens ce mercredi. Lors de cette réunion, ils devraient annoncer des mesures de croissances pour équilibrer leur stratégie budgétaire.
Les remarques de M. Obama font référence à une approche en quatre points qui engloberait des mesures financières, économiques, budgétaires et monétaires pour enrayer la crise de la zone euro. Selon lui, ces mesures ont été approuvées par les dirigeants qui ont participé au sommet du G8 dans le Maryland et aux sessions de l'OTAN à Chicago.
« Nous devons mettre en place des pare-feu qui permettront de garantir que les pays autres que la Grèce qui prennent les mesures adéquates ne seront pas mis en péril en raison de l'agitation des marchés », a déclaré le président américain.
« Nous devons nous assurer que les banques sont recapitalisées en Europe pour que les investisseurs aient confiance. Et nous devons nous assurer également qu'une stratégie de croissance accompagne les mesures de discipline budgétaire. Il faut garantir une politique monétaire qui permette à des pays comme l'Espagne ou l'Italie de définir des objectifs et des politiques très stricts », a expliqué M. Obama.
Ces mesures permettraient aux populations des pays touchés d'espérer retourner sur le chemin de la croissance, de l'emploi et des revenus en hausse, a-t-il ajouté.
Pas suffisant
Le premier ministre britannique, David Cameron, a lui aussi demandé aux dirigeants européens d'agir, faisant remarquer que 40 % des exportations britanniques étaient destinées à la zone euro.
« La vérité, c'est que nous n'en avons pas fait suffisamment pour résoudre la crise », a expliqué M. Cameron lors d'une conférence de presse qui s'est tenue dans le cadre du sommet de l'OTAN. Il a ajouté qu'une recapitalisation des banques, des pare-feu et des politiques plus concrètes de la part de la Banque centrale européenne étaient nécessaires, ainsi que des propositions relatives à l'émission d'obligations communes à la zone euro.
Les banques internationales n'ont pas manqué de formuler les mêmes requêtes lors d'une réunion privée.
L'Institut de finance internationale (IFI), une association mondiale qui regroupe des institutions financières, estime l'exposition au risque de crédit pour la Grèce à 360,7 milliards d'euros, dont 54,9 milliards pour les investisseurs du secteur privé, surtout en Allemagne et en France. L'exposition du secteur privé est bien plus importante pour l'Espagne.
« Il faut absolument stabiliser les marchés », a déclaré Hung Tran de l'IFI.
Pour l'institut, le minimum serait d'injecter directement des fonds du mécanisme de sauvetage de l'UE dans les banques sous-capitalisées, un point qui devrait être abordé lors du sommet informel de cette semaine.
L'Allemagne est contre cette idée, notamment car elle requerrait de nouvelles règles et rendrait l'UE responsable des risques encourus par les banques alors que les réglementations en la matière sont définies au niveau national. La France et l'Italie sont quant à elles favorables à une telle initiative.
Selon M. Tran il serait par ailleurs judicieux d'aborder la question des garanties des dépôts bancaires. L'une des propositions de l'UE serait de soutenir les systèmes nationaux d'assurance des dépôts. Ce type de mesures pourrait éviter les retraits massifs dans le cas où un gouvernement souverain rencontrerait des problèmes financiers. Toutefois, à son sens, la recapitalisation demeure la priorité.
L'Espagne a annoncé la semaine dernière que des créances douteuses au sein des banques avaient grimpé à leur plus haut niveau en 18 ans. Cette situation met en exergue les problèmes auxquels le gouvernement est confronté alors que les auditeurs indépendants examinent les problèmes rencontrés par son secteur bancaire. La quantité de créances douteuses soulève des questions quant à la capacité de l'Espagne à recapitaliser ses banques.
Le président français, François Hollande, a affirmé qu'il proposerait de mutualiser la dette européenne lors du sommet informel des leaders européens à Bruxelles cette semaine. Des pays comme l'Espagne, l'Italie et la Grèce pourraient tirer parti d'une telle décision. La chancelière allemande, Angela Merkel, subit quant à elle de plus en plus de pressions pour abandonner ses réticences face à cette idée.