Barroso à la recherche d'un compromis
Le président de la Commission est soumis à une forte pression pour trouver une solution à "l'affaire Buttiglione". Après avoir consulté plusieurs dirigeants de groupes politiques, Barroso cherche maintenant à introduire la "petite modification" qui serait de nature à satisfaire les députés européens sans trop offenser Rome.
Le président de la Commission est soumis à une forte pression pour
trouver une solution à « l’affaire Buttiglione ». Après avoir
consulté plusieurs dirigeants de groupes politiques, Barroso
cherche maintenant à introduire la « petite modification » qui
serait de nature à satisfaire les députés européens sans trop
offenser Rome.
A l’issue de sa rencontre du 19 octobre avec le président de la
Commission, le chef de file du groupe socialiste au Parlement,
l’Allemand Martin Schulz, a affirmé que Barroso avait
désormais compris qu’il « lui [fallait] faire quelque
chose ».
Le sens exact de ces propos demeure difficile à déterminer,
Schulz s’étant contenté d’évoquer un vague « esprit de
compromis ». De son côté, le président du groupe libéral, Graham
Watson, qui a également rencontré Barroso, a déclaré que le
portefeuille attribué au Commissaire désigné Rocco Buttiglione
devrait certainement subir des modifications. Barroso s’est aussi
entretenu avec Hans-Gert Pöttering, chef de file du PPE, afin
de préparer sa rencontre du 21 octobre avec le président du
Parlement européen Josep Borrell et l’ensemble des présidents
de groupes politiques au Parlement.
Si l’hypothèse d’une réaffectation de Buttiglione à un nouveau
portefeuille semble être exclue, dans la mesure où une telle
volte-face serait de nature à entamer la crédibilité
de Barroso et à braquer le gouvernement italien, plusieurs
autres options demeurent envisageables. Selon le Financial Times,
un certain nombre d’idées se détachent dans les discussions en
cours.
L’une d’entre elles consisterait à
conserver Buttiglione à son poste, tout en réduisant
ses pouvoirs touchant à la Charte des droits fondamentaux et aux
droits des minorités (ces dossiers étant confiés à d’autres
Commissaires). Barroso pourrait également proposer de préparer une
Directive de portée générale contre les discriminations en
guise de geste de bonne volonté.
Il est également envisagé de donner aux députés européens le
pouvoir de confirmer les Commissaires dans leurs fonctions lorsque
ceux-ci arrivent à mi-mandat. Une autre réforme évoquée dans
la perspective d’un rééquilibrage des pouvoirs entre la Commission
et le Parlement permettrait à ce dernier d’avoir immédiatement
accès aux propositions de la Commission. Enfin, le Parlement
pourrait avoir davantage de pouvoirs pour révoquer les Commissaires
« incompétents ».