Barroso met en doute le futur européen de l'Ecosse

Le président de la Commission européenne a averti l'Écosse des difficultés d'adhésion à l'UE en cas d'indépendance. À sept mois d'un référendum pour sortir du Royaume-Uni, ces déclarations ont provoqué la colère du chef du gouvernement écossais.

EURACTIV.fr / Reuters
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Le président de la Commission européenne a averti l'Écosse des difficultés d'adhésion à l'UE en cas d'indépendance. À sept mois d'un référendum pour sortir du Royaume-Uni, ces déclarations ont provoqué la colère du chef du gouvernement écossais.

L'Ecosse pourrait payer le prix fort en cas d'indépendance. Interrogé par la BBC sur la possibilité de l'adhésion d'une Ecosse indépendante à l'UE, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso a jugé le processus «extrêmement difficile, si ce n'est impossible »,

« Ce serait extrêmement difficile d'obtenir l'aval de tous les autres États membres à l'intégration d'un nouveau membre issu d'un pays membre », a-t-il affirmé hier (16 février). 

Réplique du dirigeant écossais

Ces propos ont suscité le mécontentement du premier ministre écossais, Alex Salmond, en campagne pour l'indépendance de l'Écosse. 

« Aucun État membre n'a laissé entendre qu'il tenterait de bloquer une adhésion écossaise (à l'UE) », a-t-il déclaré lors d'un discours prononcé à Aberdeen au lendemain de déclarations-chocs de José Manuel Barroso.

Les enquêtes d'opinion indiquent que seulement 29 % des Écossais voteraient aujourd'hui en faveur de l'indépendance, contre 42 % pour le maintien dans le Royaume-Uni. Vingt-neuf pour cent demeurent indécis, alors qu'un référendum sur la question de l'indépendance doit se tenir le 18 septembre prochain.

La livre sterling s’invite aussi dans le débat

Le 13 février, le ministre britannique des Finances, George Osborne, a prévenu que l'Écosse ne pourrait plus utiliser la livre sterling comme devise si elle accédait à l'indépendance.

« La réalité, c'est que la livre appartient autant à l'Écosse qu'au reste du Royaume-Uni », lui a répondu Alex Salmond.

« En laissant entendre l'inverse, le système Westminster – les conservateurs, les travaillistes et les Lib Dems – va provoquer en retour une réaction négative de la population écossaise qui voit cela comme une tentative visant à intimider l'Écosse avant le choix démocratique que nous soumettrons en septembre », a-t-il conclu.