Trump en Écosse : les « monstrueuses » éoliennes, le « méchant » maire et le « beau » parcours de golf
Donald Trump achève mardi 29 juillet une visite en Écosse, la terre natale de sa mère, au cours de laquelle il a, entre deux parties de golf, fait des annonces diplomatiques et commerciales, vitupéré contre les éoliennes, l’immigration et le maire de Londres.
Voici quelques moments marquants de ce séjour.
La diplomatie du golf
C’est loin des États-Unis, mais pourtant chez lui, dans les luxueux complexes de golf détenus par la holding familiale, que le président américain a mené une intense activité diplomatique.
Dans celui de Turnberry, sur la côte ouest, il a conclu dimanche 27 juillet avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen un accord commercial prévoyant, entre autres, 15 % droits de douane sur les exportations européennes.
Le lendemain, il s’est entretenu avec le Premier ministre britannique Keir Starmer dans la même majestueuse salle de bal.
Le tout sans oublier de faire la promotion de ses intérêts privés : à l’unisson avec son fils Eric, il a vanté les attraits de leur « beau » parcours inauguré mardi dans leur deuxième complexe de golf à Balmedie, sur la côte est, en présence notamment du Premier ministre écossais John Swinney.
Eric Trump a même comparé ce nouveau parcours de 36 trous à la Joconde.
Gaza et Ukraine
Lors d’une longue conférence de presse lundi, Donald Trump a surpris avec des annonces majeures sur Gaza et l’Ukraine.
Le républicain, qui depuis son retour à la Maison-Blanche s’est plusieurs fois entretenu avec le président russe, a fait part de sa « déception » à l’égard de Vladimir Poutine. Il lui a donné « 10 ou 12 jours » pour mettre fin à la guerre en Ukraine, sous peine de dures sanctions, réduisant ainsi l’ultimatum de 50 jours fixé le 14 juillet.
« Cela ne m’intéresse plus vraiment de discuter » avec lui, a-t-il dit.
Sur Gaza, le président américain a pris le contre-pied de son fidèle allié israélien Benyamin Netanyahou, en déclarant qu’il y avait des signes d’une « vraie famine » dans le territoire palestinien. Il a annoncé la mise en place de centres de distribution alimentaires.
Éoliennes « monstrueuses »
L’aversion du milliardaire pour cette source d’énergie est connue. Il s’est opposé avec force à un projet offshore visible depuis son terrain de golf de Balmedie.
« L’éolien est la forme d’énergie la plus chère et détruit la beauté de vos champs, de vos plaines et de vos cours d’eau. […] Vous payez en Écosse, au Royaume-Uni et partout ailleurs, des subventions colossales pour installer ces monstruosités partout », a fustigé le milliardaire.
À la place, il a exhorté le Royaume-Uni à exploiter les hydrocarbures de la mer du Nord. « Vous pouvez extraire 1 000 fois plus d’énergie à partir d’un trou dans le sol […] on appelle ça du pétrole et du gaz. »
Ce à quoi Keir Starmer, dont le gouvernement s’est engagé à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, a calmement répondu croire en « un mix énergétique ».
Les bons et les méchants
Le président américain, qui sera de retour à Londres en septembre pour une visite d’État, s’en est pris à nouveau au maire de la capitale britannique, le travailliste Sadiq Khan. « C’est quelqu’un de méchant », a-t-il cinglé, sous les rires gênés de Keir Starmer qui a rappelé que l’édile était son « ami ».
En revanche, Nigel Farage, l’ancien champion du Brexit et chef du parti anti-immigration Reform UK en tête des sondages d’opinion, a les faveurs du président, qui l’apprécie autant qu’il apprécie le Premier ministre.
« Nigel se débrouille très bien. C’est un ami à moi, et Keir est un ami à moi », a affirmé Donald Trump.
Il a aussi abordé la question ultra-sensible des arrivées de migrants traversant la Manche à bord de petites embarcations, rappelant sa politique pour fermer la frontière entre les États-Unis et le Mexique. « Les bateaux sont remplis de mauvaises personnes », a-t-il affirmé.
Starmer dans les petits papiers
Le milliardaire américain est connu pour ses emportements à l’encontre de ceux qui n’agissent pas à sa guise. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky en a fait l’expérience en février à la Maison-Blanche.
Mais il était tout sourire lundi 28 juillet en recevant, tel un seigneur en son domaine, Keir et Victoria Starmer, à Turnberry.
Il n’a pas tari d’éloges sur la « Première Dame » britannique, « une personne respectée ». Et de blaguer : « Je ne veux pas en dire plus, je m’attirerais des ennuis ».
Le dirigeant travailliste, qui démontre son habileté à ne pas contrarier le président américain pour préserver la « relation spéciale » entre les deux pays, a eu le rare privilège de voyager à bord de l’Air Force One et de l’hélicoptère présidentiel Marine One.