Barroso plaide pour la mondialisation devant le patronat français

Invité, pour la deuxième année consécutive, à l’Université d’été du MEDEF, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a exprimé sa vision de la place de l’Europe dans la mondialisation, dans une allocution mêlant piques à l’égard de la France et hommages au dynamisme du président de la République.

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Invité, pour la deuxième année consécutive, à l’Université d’été du MEDEF, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a exprimé sa vision de la place de l’Europe dans la mondialisation, dans une allocution mêlant piques à l’égard de la France et hommages au dynamisme du président de la République.

En bref  :

L’Europe doit jouer le jeu de la mondialisation et elle en a les moyens. Tel était, en substance, le thème du discours prononcé, jeudi 30 août, par le président de la Commission européenne devant un parterre de chefs d’entreprises, à l’occasion de l’université d’été du MEDEF.

Dans le même ordre d’idée, le président de l’institution bruxelloise a prôné le développement de la concurrence, condition nécessaire pour favoriser la croissance et l’emploi.

Mondialisation et protection des citoyens

Filant tout au long de son discours la métaphore du jeu, allusion au thème de la manifestation « Jouer le jeu », José Manuel Barroso a décliné la vision de la mondialisation de l’UE : « Il faut admettre plus de compétition, mais celle-ci doit être assortie de la défense de valeurs sociales, écologiques afin de protéger les citoyens », a-t-il tenu à préciser.

Un détail non négligeable aux yeux du public français. La crainte de voir se développer une Europe insuffisamment sociale ayant été l’une des causes du non au référendum de 2005 sur le projet de Constitution.

« Ce n’est pas l’État qui crée la richesse, ce sont les travailleurs, les entrepreneurs, avec leur vision et leurs initiatives » a-t-il lancé sous les applaudissements nourris du public d’entrepreneurs.

Allusion à peine voilée aux frictions récurrentes entre Paris et Bruxelles concernant la libéralisation des services publics.

Favoriser les PME

José Manuel Barroso a par ailleurs indiqué que les PME, moteurs de la croissance, seraient au cœur de la deuxième partie du mandat de la Commission. Une volonté qui n’est pas sans rappeler celle du président français, qui a déjà annoncé vouloir se battre à Bruxelles et à l’OMC pour obtenir des dérogations afin d’appliquer une série de législations ( « Small Buisness Act« ) favorables aux PME.

Au sujet des négociations commerciales internationales, le président de la Commission a rappelé la volonté de l’UE d’engager ses partenaires mondiaux comme la Chine ou les États-Unis à la « réciprocité » dans l’ouverture des marchés.

Soulignant la nécessité d’être compétitif tout en ne négligeant pas la lutte contre le changement climatique, il a insisté sur « l’absurdité » qu’il y avait à maintenir 27 marchés de l’énergie juxtaposés en Europe.

Tout au long de son discours, le président de la Commission ne s’est pas privé de lancer de petites piques à la France, notamment en ce qui concerne le respect des critères du Pacte de stabilité.

Non à la préférence nationale

« Le déficit public d’un État membre est comme le dopage dans le sport. C’est donc dans l’intérêt de nos joueurs que nous surveillions avec vigilance le respect du pacte » a-t-il rappelé, avant d’ajouter : « Jouer perso ou la préférence nationale n’est jamais une bonne solution ».

Au sujet de la crise financière récente, le président de la Commission a indiqué que Bruxelles allait en tirer les leçons afin de mieux protéger les consommateurs et les investisseurs. Il a en outre estimé que, tout comme la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne avait rempli son rôle en intervenant dans la crise.   

Sarkozy l’Européen

Après avoir félicité à de nombreuses reprises le président français pour son dynamisme, notamment dans les négociations sur la relance institutionnelle de l’UE, José Manuel Barroso s’est réjoui du « retour de la France en Europe ».

Saluant l’engagement européen de Nicolas Sarkozy, M. Barroso s’est félicité des récentes déclarations du président français, selon lesquelles « la France ne peut être gagnante si elle ne joue pas à fond dans l’équipe Europe ».