Barroso propose trois "remèdes" pour redonner vie à l'agenda de Lisbonne

Recentrage, simplification et plus grande implication des Etats membres : tels sont les remèdes miracles prescrits par José Manuel Barroso pour relancer la stratégie de Lisbonne.

Recentrage, simplification et plus grande implication des
Etats membres : tels sont les remèdes miracles prescrits par
José Manuel Barroso pour relancer la stratégie de
Lisbonne.

Trois objectifs principaux sous-tendent les projets de
la Commission :

  • un recentrage sur des « priorités
    rigoureusement définies » : la Commission suggère que
    l’essentiel des efforts de l’Union porte sur la réalisation
    des objectifs de croissance et d’emploi, cette
    orientation devant reposer sur la mise en oeuvre conjointe d’un
    plan d’action à l’échelle européenne et d’un ensemble de plans
    d’action nationaux dans les différents Etats membres ;
  • rallier un large soutien autour
    du programme de réformes
    : les Etats
    membres, les partenaires sociaux et les citoyens
    doivent « s’approprier » les réformes
    nécessaires, Lisbonne devant véritablement « faire partie
    du débat politique national ». Chaque gouvernement devra,
    dans cette perspective, nommer en son sein un « M. ou une
    Mme Lisbonne » ;
  • simplification, clarification et mise en place
    de procédures de rapport allégées :
     pour
    remplacer la myriade de rapports « que personne ne lit » (dixit
    Barroso lui-même), la Commission propose qu’il n’y ait plus
    qu’un seul rapport au niveau de l’Union et un autre au niveau de
    chaque Etat membre.

La réalisation de ces trois objectifs est susceptible
de se heurter à des obstacles de taille :

  • le projet consistant à axer l’agenda
    de Lisbonne sur la seule dimension économique
    pourrait donner lieu à un débat (largement
    idéologique et stérile) sur la question du
    poids relatif des trois piliers
    de l’agenda 
    :  croissance économique
    et compétitivité, cohésion sociale et protection de
    l’environnement. Plusieurs ONG du secteur social redoutent
    déjà que les projets de la Commission ne fassent partie
    de « l’agenda néo-libéral » cher à M.Barroso.  
  • le plus grand défi pour la Commission
    sera d’obtenir le soutien des Etats membres, des
    partenaires sociaux et des citoyens en vue de la réalisation de
    l’agenda de Lisbon
    . M. Barroso n’a pas précisé par
    quels moyens la Commission entendait contraindre les Etats membres
    à élaborer des plans d’action nationaux, ni comment elle
    pourrait contrôler la mise en oeuvre de ceux-ci. 
  • dans certains Etats membres, la volonté politique
    semble faire cruellement défaut
    pour permettre la mise en
    oeuvre des réformes indispensables.