Berlin et Athènes aux prises avec un problème de souveraineté sur le sauvetage grec
La proposition allemande de confier à un commissaire européen la tâche de contrôler le budget grec a placé Berlin et Athènes dans une impasse diplomatique ce week-end alors que les négociations sur le second plan de sauvetage se compliquent. Un reportage d'EURACTIV Grèce.
La proposition allemande de confier à un commissaire européen la tâche de contrôler le budget grec a placé Berlin et Athènes dans une impasse diplomatique ce week-end alors que les négociations sur le second plan de sauvetage se compliquent. Un reportage d'EURACTIV Grèce.
Berlin souhaiterait voir nommer un « commissaire en charge du budget » dans la zone euro qui aurait le pouvoir d'opposer son veto à toute décision budgétaire prise par le gouvernement grec dans le cas où elle ne serait pas conforme aux objectifs définis par ses bailleurs de fonds internationaux, a rapporté le Financial Times le 28 janvier.
Cette proposition de l'Allemagne a été présentée aux fonctionnaires de la zone euro vendredi après-midi, selon le quotidien.
La Grèce devra accepter un contrôle plus strict si elle souhaite bénéficier d'un plan de sauvetage de 130 milliards d'euros. Ce plan de sauvetage a été approuvé en octobre 2011, mais les détails de l'accord doivent encore être peaufinés entre Athènes et les créanciers privés du pays.
Selon cet accord, Athènes ne pourrait engager des dépenses publiques ordinaires qu'après avoir assuré le service de sa dette, peut-on encore lire dans le quotidien.
Le vice-premier ministre, Evangelos Venizelos, a réagi avec fougue à cet article, affirmant que la Grèce ne renoncerait pas à son identité et à sa dignité.
« Quiconque place une nation devant le dilemme de choisir entre une assistance économique et la dignité nationale devrait réviser ses cours d'Histoire », a déclaré M. Venizelos, également ministre des finances, dans un communiqué. « Je suis certain que les dirigeants politiques de toutes les nations européennes, surtout des grands pays qui assument une plus grande responsabilité quant à l'orientation de l'Europe, sont conscients des questions que se posent leurs amis et partenaires qui ont rejoint leur destinée historique. »
Des sources au gouvernement ont affirmé que le premier ministre, Lucas Papademos, ferait savoir aux leaders européens que les propositions allemandes sont inacceptables lors du sommet extraordinaire à Bruxelles.
Sous le couvert de l'anonymat, des ministres grecs ont accusé la chancelière allemande, Angela Merkel, d'« inventer des moyens » de forcer Athènes à rompre les négociations sur le nouveau plan de sauvetage.
Des observateurs politiques ont expliqué que la Grèce risquait de devoir assister à de graves soulèvements politiques et sociaux si le pays perdait de sa souveraineté.
« On a de plus en plus l'impression que le gouvernement allemand, dans une tentative de se couvrir dans le cas d'un échec du plan de sauvetage grec, fait tout ce qu'il peut pour pousser Athènes à ne pas signer l'accord », ont confié des commentateurs politiques athéniens à EURACTIV Grèce.
Une source au gouvernement allemand, citée par Reuters, a déclaré que la proposition allemande visant non seulement la Grèce, mais aussi les autres membres en difficulté de la zone euro qui reçoivent de l'aide, mais ne respectent pas leurs obligations.
Pour sa part, la Commission européenne a affirmé qu'elle souhaitait que le gouvernement grec conserve son autonomie.