Biocarburants: L’UE appelée à suspendre les efforts [FR]

D’après l’Agence européenne pour l’environnement, l’UE doit suspendre son objectif d’augmenter la part de biocarburants dans les transports de 10 % jusqu’à ce qu’une étude scientifique plus détaillée sur les risques écologiques soit mise en oeuvre. La mise en garde surgit au moment où la Banque mondiale a repris le refrain en chœur des critiques à l’égard de l’augmentation de la production de biocarburants.

Cellulosic-ethanol biofuel [Shutterstock]
Cellulosic-ethanol biofuel [Shutterstock]

D’après l’Agence européenne pour l’environnement, l’UE doit suspendre son objectif d’augmenter la part de biocarburants dans les transports de 10 % jusqu’à ce qu’une étude scientifique plus détaillée sur les risques écologiques soit mise en oeuvre. La mise en garde surgit au moment où la Banque mondiale a repris le refrain en chœur des critiques à l’égard de l’augmentation de la production de biocarburants.

Lors d’une déclaration publique le 10 avril dernier, le comité scientifique de l’Agence a affirmé que le quota de biocarburants obligatoire de l’UE fixé à 10 % est un essai trop ambitieux dont les effets involontaires sont difficiles à prévoir ainsi qu’à contrôler.

Par conséquent, le comité recommande de suspendre l’objectif de 10 % jusqu’à la mise en œuvre d’une nouvelle étude scientifique plus détaillée sur les risques écologiques et les avantages des biocarburants, l’objectif étant de fixer une nouvelle cible plus modérée à long terme.

Le rapport de l’AEE estime que la production de biocarburants pour les véhicules à partir des technologies de la première génération – c’est-à-dire produites à partir de cultures vivrières et fourragères – ne fait pas l’utilisation optimale des ressources de la biomasse quant aux économies d’énergie fossile et à la réduction de gaz à effet de serre.

Tandis que le rapport révèle que les technologies relatives à la chaleur directe et la production d’électricité devraient être préférées parce qu’elles sont plus compétitives et ont un impact écologique plus efficace, il insiste sur le fait que toute utilisation de la biomasse doit aller main dans la main avec les améliorations de l’efficacité énergétique. Il souligne que ce n’est pas encore le cas dans la plupart des applications dans les secteurs de l’automobile et du logement.

Le comité a également avertit que la quantité de terres requise afin de répondre à l’objectif de 10 % dépasse celles disponibles dans l’UE sans nuire à l’environnement. Alors que les importations peuvent aider, il mentionne la destruction accélérée des forêts pluviales à laquelle on assiste déjà dans des pays en voie de développement en raison de l’augmentation de la production de biocarburants.