Les partisans du Brexit dénoncent la «propagande» de Cameron

David Cameron, le Premier ministre britannique, est accusé d'avoir utilisé des fonds publics à des fins de propagande pro-UE.

EURACTIV.com
UKIP leader Nigel Farage  [European Parliament/Flickr]
Nigel Farage [[European Parliament/Flickr]]

David Cameron, le Premier ministre britannique, est accusé d’avoir utilisé des fonds publics pour soutenir la campagnie contre le Brexit.

Le gouvernement a envoyé des millions de brochures appelant les citoyens à voter contre le Brexit lors du référendum du 23 juin. Les partisans du Brexit s’en sont émus. Selon les sondages, le référendum devrait être très disputé.

« En période d’austérité, il n’est pas normal de dépenser 9 millions de livres [11 millions d’euros] des contribuables pour faire de la propagande », a estimé le ministre de la Justice, Michael Gove, qui est des membres du gouvernement actuel à plaider pour la sortie de l’UE.

La brochure de 15 pages a été envoyée à plus de 27 millions de foyers, et sera complétée par un nouveau site Internet. Coût total de l’opération : 11,5 millions d’euros.

Nigel Farage, chef de file du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), a estimé « scandaleux » que le gouvernement utilise les deniers publics « pour nous dire ce que nous devrions penser et faire ». La brochure est en outre « pleine de mensonges », selon lui.

David Cameron insiste sur le fait que le gouvernement était neutre, ce que les citoyens doivent savoir. Il a en effet autorisé ses ministres à se positionner à leur guise.

« Je veux que tout le monde dispose facilement de toutes les informations nécessaires, mais le gouvernement a une opinion tranchée, je ne m’en excuse pas, et tout le monde doit également savoir cela », a-t-il déclaré.

La commission électorale avait de son côté désapprouvé la mesure. L’organe de surveillance avait déjà appelé à l’instauration de règles plus strictes pour encadrer les activités gouvernementales pendant la campagne, mais n’a pas été entendu. « Nous estimons que le gouvernement n’aurait pas dû [lancer de campagne partisane], mais ce n’est pas illégal », a indiqué une porte-parole de la commission au Financial Times.

>> Lire : Relâcher la pression pour éviter le Brexit?

Compte à rebours : 11 semaines avant le référendum

Cette initiative est lancée une semaine avant le début de la période de campagne officielle du référendum, qui commence le 15 avril. A partir de ce moment, les dépenses seront strictement encadrées. Dans les dix semaines qui précèderont le vote, les deux camps ne seront en effet pas autorisés à dépenser plus de 9 millions d’euros.

« En pratique, le gouvernement vient de doubler le financement de la campagne pro-UE », estime Liam Fox, ancien ministre à la Défense et partisan d’une sortie de l’union.

Le soir du 7 avril, une pétition exigeant que le gouvernement cesse d’utiliser les fonds publics pour financer la campagne pro-UE avait déjà attiré plus de 72 000 signataires.

Tweet de Nigel Farage : David Cameron pourrait-il nous dire comment l’utilisation par le gouvernement de 10 millions de livres pour financer une brochure/un site web est-elle conforme aux règles de la commission électorale?