Bronislaw Geremek, décès d’un grand Européen
L’eurodéputé polonais (ADLE), Bronislaw Geremek, symbole de l’opposition anticommuniste, est décédé brutalement le 13 juillet 2008
L’eurodéputé polonais (ADLE), Bronislaw Geremek, symbole de l’opposition anticommuniste, est décédé brutalement le 13 juillet 2008
A l’occasion du sommet de l’Union pour la Méditérranée qui s’est tenu le même jour à Paris, le chef de l’État, Nicolas Sarkozy, a salué « un homme imprégné des valeurs et de l’idéal européen »
Né en 1932 à Varsovie, Bronislaw Geremek a adhéré au Parti communiste polonais dont il se désolidarise à la suite de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du pacte de Varsovie en 1968. Entré en dissidence, il coopère avec le Comité de défense des ouvriers (KOR), embryon de l’opposition démocratique, fondé en 1976.
Il participe ensuite en 1981 à la constitution de Solidarnosc, syndicat autonome d’ouvriers, fer de lance de l’opposition anticommuniste en Pologne. En 1981, après le coup de force du général Wojciech Jaruzelski contre Solidarnosc, M. Geremek est emprisonné pendant deux ans et demi.
Lors de la chute du régime communiste, il milite au sein de Solidarnosc pour une entente avec l’ancien régime, qui ouvre la voie à une passation pacifique du pouvoir. Il rejoint ensuite l’aile modérée du parti Solidarnosc et participe activement à l’intégration de la Pologne dans l’UE.
Après l’adhésion de la Pologne à l’UE en mai 2004, il se fait élire député au Parlement européen sur les listes d’un parti réformateur issu de Solidarnosc, mandat qu’il assumait toujours au moment de sa mort.
En 2007, il avait refusé de comparaître devant la commission exceptionnelle de « décommunisation », instaurée par le gouvernement Kaczynski, pour enquêter sur les activités d’espionnage et de délation sous période soviétique.
Il avait alors été déchu de son mandat d’eurodéputé. Avant que la sanction ne soit abandonnée à la suite des protestations du Parlement européen, qui l’a massivement soutenu.
Positions :
Le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a regretté le départ « d’un symbole de la liberté qui a toujours manifesté un courage politique sans compromissions ».
Le président du parlement européen, Hans-Gert Pottering, a quant à lui appelé à se souvenir de Geremek « à la fois comme un vrai européen et un patriote polonais, pétri de sagesse et d’une grande érudition »
Le président du groupe des libéraux démocrates au Parlement européen (ALDE), Graham Watson,a regretté que « l’Europe perde un de ses plus fervents partisans, qui a contribué par sa force de conviction à faire de l’élargissement un succès politique. L’Europe pleure le symbole de sa réunification. »
L’ex-président de la République française, Jacques Chirac, a salué « un homme de bien dont la vie entière a été tournée vers la recherche de la justice et de la paix. Il aimait la France dont il connaissait admirablement l’histoire. Il incarnait au plus haut les valeurs européennes ».
Présidente de la FFME (Fédération Française des Maisons de l’Europe) et ancienne ministre, Catherine Lalumière, est quant à elle profondément attristée par le décès brutal de Bronislaw Geremek : « c’est un choc pour toute l’Europe, sa disparition est une perte immense pour les Polonais et pour les Européens ». « Imprégné des valeurs humanistes européennes et de son expérience historique, Bronislaw Geremek nous rappelait que le sens du projet européen était la réalisation de la liberté et la réconciliation »