Bruno Le Maire et Robert Habeck saluent l’enquête de l’UE sur les véhicules électriques chinois
Le ministre français de I'Économie Bruno Le Maire et son homologue allemand Robert Habeck ont tous deux salué l’annonce de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen d’ouvrir une enquête sur la concurrence déloyale de la Chine dans le secteur des véhicules électriques (VE).
Le ministre français de I’Économie Bruno Le Maire et son homologue allemand Robert Habeck ont tous deux salué l’annonce de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen d’ouvrir une enquête sur la concurrence déloyale de la Chine dans le secteur des véhicules électriques (VE).
Mme von der Leyen a annoncé dans son discours sur l’état de l’Union, mercredi 13 septembre, qu’elle lancerait une « enquête antisubventions sur les véhicules électriques en provenance de Chine », après des mois d’efforts considérables déployés par la France en coulisses pour que cette enquête soit menée à bien.
Les prix des véhicules électriques chinois sont « [sont] maintenu[s] artificiellement bas par des subventions publiques massives », a déclaré Mme von der Leyen. Les subventions publiques qui rendent les exportations artificiellement bon marché sont interdites par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), et l’UE a déjà opté pour des droits de douane punitifs sur des panneaux solaires chinois subventionnés de la même manière.
Mercredi également, les hauts responsables franco-allemands se sont réunis à Berlin pour discuter de la politique industrielle de l’UE. M. Le Maire et M. Habeck ont tous deux « salué » l’annonce de Mme von der Leyen.
« Il faut que l’UE puisse riposter », a déclaré M. Le Maire lors d’une conférence de presse, ajoutant que « l’Union doit montrer qu’elle est déterminée à protéger ses intérêts ».
« Face à la Chine et les US, nous devons définir une stratégie industrielle européenne plus claire, plus volontariste, plus innovante », a-t-il poursuivi.
La France cherche à renforcer sa coopération économique avec la Chine, mais cela doit se faire dans le respect des règles de « concurrence loyale », et l’UE doit agir en conséquence pour rétablir des conditions de concurrence équitables si nécessaire, a averti le ministre français.
M. Habeck, membre du groupe des Verts allemands, a convenu, sur un ton moins énergique, que l’enquête permettrait de déterminer s’il existe des pratiques déloyales.
Si celles-ci sont avérées, « nous devons agir, l’alternative de ne rien faire n’est pas possible », a-t-il déclaré.
Il n’est pas certain que M. Habeck s’exprime au nom de la coalition allemande dans son ensemble. Le ministre libéral allemand des Finances, Christian Lindner, également présent à la conférence de presse commune, est resté silencieux sur la question.
Berlin a toujours été sceptique à l’égard des mesures protectionnistes de l’UE, de peur qu’elles ne se retournent contre son secteur d’exportation. Une guerre commerciale dans le secteur de l’automobile toucherait durement l’industrie automobile allemande.
Une preuve de solidarité
La rencontre franco-allemande s’inscrit dans le cadre d’un effort bilatéral visant à afficher un dégel des relations après des mois d’une entente quelque peu fragile.
« C’est une invitation symbolique forte qui me touche beaucoup comme avocat de la cause franco-allemande, et ce depuis de nombreuses années », a souligné M. Le Maire dans son discours d’introduction, tandis que M. Habeck a fait l’éloge du travail continu « main dans la main » entre les deux puissances économiques de l’UE.
Ils ont notamment convenu de redoubler d’efforts pour réduire la bureaucratie européenne et « débureaucratiser » l’Union. « Les entreprises sont étouffées par les règles et les normes européennes », a déclaré M. Le Maire. « Si les normes aboutissent à tuer les entreprises, alors nous n’aurons plus besoin de normes ».
« Nous sommes déterminés à suivre ensemble cette voie européenne : réduire les réglementations, rendre les procédures plus légères, plus rapides et plus efficaces », a ajouté M. Habeck.
Ces dernières semaines, Berlin a lancé une initiative commune avec Paris pour réduire les formalités administratives, dans l’espoir que cela puisse aider à remettre son économie sur les rails.
« Notre succès dépend du succès de l’Allemagne et c’est dans l’intérêt français que l’Allemagne ait la croissance la plus forte possible », a expliqué M. Le Maire.
Les trois ministres se sont également accordés sur la nécessité de faire avancer l’union des marchés de capitaux, un élément essentiel pour faire participer les capitaux privés aux grands investissements industriels.
« Nous avons 27 marchés des capitaux différents aujourd’hui ; [une union] attirerait plus de capitaux dans l’UE, c’est l’une de nos principales tâches à l’avenir », a déclaré M. Lindner.
M. Le Maire a noté que les trois ministres avaient discuté de la réforme des règles fiscales de l’UE, qui a vu la France et l’Allemagne s’opposer sur le degré d’assouplissement de ces règles pour le financement des investissements verts.
« Nous travaillons d’arrache-pied : je suis convaincu que la France et l’Allemagne peuvent trouver un accord d’ici la fin de l’année », a déclaré le Français, affirmant qu’il était parfaitement en phase avec la détermination de M. Lindner à « garder un bon contrôle sur les dépenses publiques ». Ni M. Habeck ni M. Lindner n’ont toutefois soulevé la question dans leurs remarques.