Bruxelles a confiance en l'Italie de Mario Monti pour équilibrer le budget
Après s'être entretenu avec le nouveau premier ministre italien, Mario Monti, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a déclaré qu'il pensait que l'Italie mettrait en œuvre les réformes structurelles nécessaires pour équilibrer le budget.
Après s'être entretenu avec le nouveau premier ministre italien, Mario Monti, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a déclaré qu'il pensait que l'Italie mettrait en œuvre les réformes structurelles nécessaires pour équilibrer le budget.
Après sa première série de réunion à Bruxelles depuis sa prise de fonction, M. Monti s'est dit convaincu que son nouveau gouvernement pourrait présenter des réformes plus ambitieuses que celui de son prédécesseur, mais il n'a pas souhaité confirmer qu'il parviendrait à un budget à l'équilibre en 2013.
M. Monti a ajouté qu'il était déterminé à regagner la confiance des investisseurs après que les coûts d'emprunt à court terme de l'Italie ont grimpé à des niveaux insoutenables, frappant la zone euro en plein cœur.
« Nous pouvons aller au bout des réformes structurelles en Italie », a-t-il affirmé aux côtés du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
M. Barroso a déclaré qu'il n'y aurait pas de miracles sur les marchés financiers et que l'Italie devrait se lancer dans un « marathon » de réformes pour regagner une certaine crédibilité. « La situation reste difficile en Italie », a déclaré M. Barroso.
Le président de la Commission a toutefois affirmé qu'il était persuadé que le programme de M. Monti relèverait les défis auxquels est confrontée la nation.
Le nouveau gouvernement de M. Monti, soutenu par presque tous les principaux partis politiques italiens, se concentrera d'abord sur la mise en oeuvre des mesures d'austérité adoptée par l'ancien gouvernement de Silvio Berlusconi, frappé par plusieurs scandales.
Ces mesures auront pour but d'aboutir à un budget à l'équilibre en 2013 et de stopper l'envolée de la dette italienne qui représente déjà environ 120 % du PIB. M. Monti a affirmé que le programme de réformes visait également à lutter contre la fraude fiscale, réel fléau national, et qu'il comprenait une réforme ambitieuse du système des retraites.
M. Monti s'est assuré un soutien massif du parlement, effrayé par la montée en flèche des coûts de l'emprunt italiens, mais il pourrait être confronté à d'autres défis lorsqu'il faudra imposer plus d'austérité ou libéraliser l'économie.
Hier (22 novembre), les rendements obligataires à 10 ans ont grimpé à 6,73 %, reflétant la panique des marchés, perturbés par une adjudication d'obligations qui a fait s'envoler les coûts d'emprunt espagnols à leur plus haut niveau en 14 ans.
La Banque centrale européenne a sporadiquement acheté des obligations souveraines espagnoles et italiennes pour éviter que les coûts ne grimpent à des niveaux insoutenables, mais ces achats limités et irréguliers ne sont pas parvenus à apaiser les marchés de manière durable.
Sous Silvio Berlusconi, les promesses floues et le manque de détails sur les mesures prévues pour accélérer la réduction du déficit ont entaché la confiance des investisseurs et le pays doit encore la regagner.
Pas de précisions
M. Monti, ancien commissaire européen en charge des questions de concurrence, qui est favorable à une plus grande intégration européenne, a éludé les questions portant sur ses projets économiques. Il a affirmé que ses discussions avec M. Barroso avaient été très générales, surtout sur les questions budgétaires.
Lorsqu'il lui a été demandé si l'Italie disposerait d'un budget équilibré pour 2013, il a répondu : « Nous ne sommes par entrés dans les détails à ce sujet avec le président Barroso. »
« Nous n'en avons parlé que d’une façon générale, à propos de l'Union européenne, et non pour l'Italie ». « Il s'agissait de savoir s'il était nécessaire de prendre en compte le cycle économique pour déterminer la manière dont [les pays] pourraient atteindre leurs objectifs. »
M. Monti, qui a également rencontré le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a affirmé que son nouveau gouvernement ne se concentrait pas uniquement sur la discipline budgétaire, mais aussi sur la relance de la croissance économique.
« Il y aura un élément fort de continuité s'agissant des efforts de consolidation budgétaire de l'Italie », a-t-il déclaré. « Mais plus d'attention sera accordée à la croissance. »