Bruxelles donnera le feu vert pour les négociations commerciales entre l'UE et le Japon
L'Union européenne devrait poursuivre les négociations sur un éventuel accord de libre-échange avec le Japon, malgré l'opposition des constructeurs automobiles, déclarera la Commission européenne mercredi (18 juillet), en vue de ranimer l'économie stagnante de l'Europe.
L'Union européenne devrait poursuivre les négociations sur un éventuel accord de libre-échange avec le Japon, malgré l'opposition des constructeurs automobiles, déclarera la Commission européenne mercredi (18 juillet), en vue de ranimer l'économie stagnante de l'Europe.
Alors que les négociations commerciales mondiales de Doha, qui durent depuis dix ans, sont dans l'impasse, l'Union européenne fait la course avec les Etats-Unis pour savoir qui sera celui qui signera le plus d'accords de libre-échange pour verrouiller l'accès aux économies en pleine croissance, surtout en Asie.
La Commission européenne recommandera officiellement de poursuivre des discussions complexes avec le Japon, car elle est persuadée que suffisamment de pays membres de l'Union y sont favorables, ont affirmé trois diplomates à Reuters.
« La Commission confirmera que l'UE devrait tenter de conclure un accord commercial avec le Japon », a déclaré l'un des diplomates ayant été informé de la situation en amont d'une réunion qui se tiendra mercredi et portera sur le Japon.
« C'est crucial pour l'avenir de l'Europe en tant qu'union commerciale », a-t-il insisté.
L'accord avec le Japon se fonderait sur celui conclu l'année dernière avec la Corée du Sud. Même s'il faut plusieurs années pour y parvenir, il s'agirait d'une nouvelle génération d'accords commerciaux qui dépasseraient les droits de douane pour englober les droits de propriété intellectuelle, les services et l'aspect réglementaire.
Les gouvernements de l'UE devraient soutenir la Commission lors du prochain sommet d'octobre et lui confier la tâche de négocier avec le Japon au nom des Etats membres. Une première série de négociations devrait débuter au début de l'année prochaine.
Les exportateurs européens se tournent vers l'étranger, dans la mesure où la crise de la dette qui dure depuis deux ans et demi continue de faire grimper le taux de chômage et de faire baisser la demande à l'intérieur des frontières de l'UE. De nombreuses économies sont en récession et les dirigeants européens ont donc décidé de placer le commerce au centre de leur sommet pour la croissance le mois dernier.
L'UE affirme que la signature d'accords commerciaux avec les quelque 80 pays pour lesquels les négociations sont déjà en cours, du Canada à l'Inde, pourrait créer 2 millions d'emplois et rapporter 275 milliards d'euros à l'économie européenne.
Le secteur automobile s'inquiète
A part le Groenland et la Mongolie, il n'existe guère d'endroits du monde où l'équipe de négociateurs de l'exécutif européen n'essaye pas de renforcer les liens commerciaux de l'Union. Une certaine forme d'accord avec les Etats-Unis ou la Chine n'est pas exclue, peut-être en parallèle à un accord d'investissement.
« Il s'agit d'obtenir un effet boule de neige », a expliqué un diplomate européen. « Une porte en ouvre un autre, puis une autre encore. »
L'accord de libre-échange avec le Japon n'est toutefois pas encore gagné et le Parlement européen doit quoi qu'il en soit donner son approbation a tout accord final de ce type. Certaines questions comme les marchés publics, de la construction de routes à la distribution de logiciels, et l'ouverture à l'importation de véhicules sont de potentielles zones de conflit.
Le Japon accepte des soumissionnaires étrangers pour moins de 3 % des contrats publics. Les efforts de l'Allemagne et de la France pour pousser Tokyo à se montrer plus ouvert en la matière n'ont donné aucun résultat jusqu'à présent, ont expliqué des lobbyistes de l'industrie qui réclament un accord commercial.
Les constructeurs automobiles et les producteurs de pièces détachées italiens et français, en proie à une baisse de la demande à l'échelle nationale, ont fait savoir que si l'accord entre l'UE et la Corée du Sud était un bon début, ils ne disposaient toujours pas de l'accès souhaité au marché japonais, alors que la concurrence se fait rude en Europe et que les ménages réduisent leurs grosses dépenses.
Depuis que l'accord avec la Corée du Sud est entré en vigueur le 1er juillet 2011, ses ventes vers l'Europe ont enregistré une croissance à deux chiffres. Les Européens affirment quant à eux que la relation étroite qu'entretiennent les constructeurs automobiles avec leurs fournisseurs complique la tâche des parties étrangères souhaitant pénétrer le marché.
Le président de l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA), Sergio Marchionne, également directeur exécutif de Fiat, a déclaré le mois dernier que la hausse des exportations coréennes de voitures étaient un signal d'alarme à prendre en compte dans les négociations sur un accord de libre-échange avec le Japon, le plus grand exportateur automobile d'Asie.