Bruxelles intervient dans l’affaire controversée des milliers de poissons morts dans le fleuve Oder en Europe centrale

La mort récente de nombreux poissons dans le fleuve Oder a pris une nouvelle tournure après que les autorités polonaises ont été accusées de ne pas avoir notifié leurs homologues allemands, conformément au droit européen.

/ EURACTIV Allemagne
Some 100 tonnes of dead fish in Oder river since late July, reason remains unclear
Le manque de communication de la part de la Pologne a été dénoncé par Till Backhaus, le ministre de l'Environnement du Land allemand limitrophe de la Pologne, le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. [Jerzy Muszynski/EPA-EFE]

La mort récente de milliers de poissons dans le fleuve Oder en Europe centrale a pris une nouvelle tournure après que les autorités polonaises ont été accusées de ne pas avoir notifié leurs homologues allemands, conformément au droit européen, impliquant ainsi Bruxelles dans l’affaire.

En Allemagne, les pêcheurs ont constaté pour la première fois la mort des poissons le 9 août et l’ont signalée à l’agence pour l’environnement du Brandebourg.

Une augmentation soudaine de la montée des eaux et de la salinité a également été signalée dans les rivières des Länder concernés.

Toutefois, il est maintenant suggéré que les autorités polonaises avaient connaissance du phénomène dès la fin du mois de juillet, avec des rapports faisant état de morts de poissons en masse dans le fleuve Oder, sur la rive polonaise.

La Pologne n’a pas informé l’Allemagne de ces incidents alors qu’elle est tenue d’informer rapidement les pays concernés en vertu de la directive européenne sur l’eau.

« À l’avenir, nous devons améliorer la détection précoce de la pollution et prendre des mesures coordonnées en cas d’incidents transfrontaliers », a déclaré Virginius Sinkevičius, commissaire européen à l’Environnement, après un entretien téléphonique avec la ministre allemande de l’Environnement, Steffi Lemke, mardi (16 août).

« Les chaînes, qui avaient été mises en place en théorie pour de tels accidents, n’ont pas fonctionné et, deuxièmement, l’information est arrivée trop tard en Allemagne », a déclaré Mme Lemke à la chaîne de télévision ZDF lundi.

Violation potentielle des règles de l’UE

Le manque de communication de la part de la Pologne a été dénoncé par Till Backhaus, le ministre de l’Environnement du Land allemand limitrophe de la Pologne, le Mecklembourg–Poméranie-Occidentale.

Il a déclaré, dans une interview accordée à la radio Deutchlandfunk, qu’il était «  furieux  » que la Pologne ait tardé à l’informer de la présence de poissons morts.

Bruxelles a annoncé qu’elle allait officiellement intervenir pour en savoir plus sur ce qui a provoqué cette « erreur de communication ».

« Nous n’avons pas d’informations définitives sur la cause de la mort de ces poissons », a déclaré le porte-parole de la Commission européenne, Tim McPhie, mardi (16 août).

« Puisque la cause n’est pas connue, nous ne pouvons pas dire s’il existe une obligation de fournir des informations en vertu d’une directive spécifique », a ajouté le porte-parole.

La cause de la mort de ces nombreux poissons n’étant toujours pas claire, la partie polonaise a déjà fait appel à des laboratoires polonais, ainsi que des experts tchèques, néerlandais et anglais, pour se pencher sur la question à partir d’échantillons prélevés dans le fleuve Oder, annonçait mardi la ministre polonaise de l’Environnement, Anna Moskwa.

Surveillance et coopération

La Pologne a pour l’instant nié toute responsabilité, mais le gouvernement envisage désormais d’investir dans le contrôle de la qualité des eaux de surface.

« J’ai décidé d’allouer 250 millions de PLN [50 millions d’euros] pour la synchronisation et la numérisation complète du système de contrôle de la qualité des eaux de surface dans toute la Pologne », a déclaré la ministre polonaise sur Twitter.

Parallèlement, M. Sinkevičius s’est félicité de la mise en place d’une équipe spéciale conjointe composée d’experts allemands et polonais visant à assurer une coopération étroite entre les deux pays dans les situations de gestion de crise.

Mme Lemke et ses confrères du Brandebourg et du Mecklembourg–Poméranie-Occidentale avaient convenu de réunir une telle équipe spéciale lors d’une réunion avec Mme Moskwa et le ministre polonais des infrastructures, Andrzej Adamczyk, à Szczecin dimanche (14 août).