Bruxelles peaufine sa stratégie pour 2020 [FR]

La Commission européenne va présenter la semaine prochaine les grandes lignes de sa stratégie aux multiples facettes visant à sortir l’Europe de la récession. Elle y invite les Etats membres à conduire l’Europe vers une économie verte et basée sur la connaissance d’ici 2020, d’après un projet de document consulté par EURACTIV.

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La Commission européenne va présenter la semaine prochaine les grandes lignes de sa stratégie aux multiples facettes visant à sortir l’Europe de la récession. Elle y invite les Etats membres à conduire l’Europe vers une économie verte et basée sur la connaissance d’ici 2020, d’après un projet de document consulté par EURACTIV.

Une consultation sur la stratégie sera lancée la semaine prochaine (24 novembre), avec une proposition finale qui sera dévoilée en janvier de l’année prochaine, une fois la nouvelle Commission européenne en place, a appris EURACTIV.

Cette nouvelle stratégie doit remplacer l’Agenda de Lisbonne pour la croissance et l’emploi, un programme phare de l’UE, qui fut adopté dans la capitale portugaise en 2000 et qui expire l’an prochain.

Les dirigeants devraient avoir adopté la stratégie révisée d’ici mars 2010.

Le document de consultation de la semaine prochaine prend comme point de départ les crises financière et économique, affirmant que la première tâche de l’UE dans les années à venir sera de sortir de la récession.

Les problèmes existants encore dans le système financier doivent être résolus rapidement afin d’augmenter le potentiel de croissance de l’UE, explique le document. L’accès au crédit et l’efficacité de la supervision des marchés financiers seront cruciaux pour la reprise.

Le porte-parole de la Commission Mark English a déclaré qu’il n’y aurait pas de propositions détaillées issues du document de discussion car l’exécutif européen agit toujours sous un statut intérimaire tant que la nouvelle équipe n’a pas pris ses fonctions, ce qui ne doit pas arriver avant janvier 2010.

Vous savez que la situation institutionnelle a été très incertaine, a expliqué M. English à EURACTIV, se référant aux retards pris par la ratification du traité de Lisbonne. Nous ne sommes pas pour l’instant en position de faire de propositions concrètes, a-t-il ajouté.

Stratégie de sortie

Néanmoins, le document de la Commission liste d’ores et déjà une série de défis importants à relever. En premier lieu, il s’agira de trouver un équilibre entre le besoin existant de soutien fiscal pour la croissance économique sur le court terme et le besoin de restaurer des finances publiques saines et la stabilité macroéconomique sur le long terme, met en garde la Commission.

Le pacte de stabilité et de croissance, qui limite les déficits publics des Etats membres à 3 % du Produit intérieur brut (PIB), jouera un rôle important en matière de retour vers des niveaux de croissance durable, souligne l’exécutif de l’UE.

Bien que l’actuel projet ne donne aucune indication quant au calendrier des réformes, la stratégie pour 2020 est donc considérée comme la stratégie de sortie de la crise économique de l’UE.

Les Etats membres  vont devoir rediriger leurs dépenses publiques vers les objectifs thématiques de l’UE 2020 afin que les investissements nécessaires dans l’avenir de l’Europe soient réalisés, explique la Commission, ajoutant qu’il est possible d’investir dans la croissance durable malgré l’état actuel des finances publiques.

Contrôle ferme des Etats membres de l’UE

La nouvelle stratégie place les Etats membres en position de contrôle de l’agenda : le Conseil européen devrait fixer un petit nombre d’objectifs prioritaires et définir les actions politiques correspondantes devant être mis en œuvre au niveau de l’UE et des Etats membres en partenariat.

Le pilier central de la nouvelle stratégie devrait être le Conseil européen puisque il s’agit de l’organe qui assure au niveau européen l’intégration des politiques et qui gère l’interdépendance entre les Etats membres et l’UE.

Pour chaque objectif, les Etats membres fixeront leurs buts individuels pour cinq ans, en accord avec leurs situations nationales et leurs points de départs. La Commission souhaiterait surveiller cette mise en œuvre chaque année, avec une révision à la fois thématique et par pays.

Le Parlement européen pourrait aussi jouer un rôle plus important en exprimant ses opinions sur la stratégie de 2020 avant mars de l’an prochain, ajoute la Commission.

Quatre priorités clefs

Le document définit quatre priorités clefs pour 2020 :

  • Innovation et connaissance : le moteur pour une croissance durable est formé par le savoir et la technologie, explique la Commission, affirmant que l’UE a besoin d’avancer vers une économie de la valeur. Dans un monde qui change rapidement, ce qui fait la différence, c’est l’innovation à la fois dans les produits et dans les procédés.
  • Combattre l’exclusion : avec un taux de chômage qui devrait atteindre plus de 10 % en 2010, la Commission recommande de « donner mandat » aux personnes afin de créer de nouveaux emplois. La transformation de l’UE vers une économie plus verte et basée sur la connaissance dynamisera la création de nouveaux emplois et aidera à réduire les hauts niveaux de chômage, explique t elle. La transition entre l’emploi et les périodes de formation vont demander un effort majeur afin d’éviter une exclusion du système, et pour assurer la cohésion sociale, affirme t elle.
  • Croissance verte : avec des prix de l’énergie plus forts et davantage de concurrence pour les ressources naturelles, les entreprises européennes doivent s’adapter, met en garde la Commission. Une utilisation plus efficace des ressources , de l’énergie, et la mise en œuvre de technologies nouvelles et plus écologiques stimuleront la croissance, créeront de nouveaux emplois et services et aideront l’UE à respecter ses objectifs environnementaux et climatiques.
  • Europe numérique : développer des transports intelligents et modernisés et les infrastructures énergétiques afin d’améliorer la compétitivité.