Bruxelles redoute les effets du protectionnisme américain sur la croissance de l'UE
La Commission table sur une croissance européenne à 2,3 % pour 2018 et 2 % en 2019, estimant que des risques importants pèsent sur les perspectives économiques, à commencer par le protectionnisme. Un article de notre partenaire La Tribune.
La Commission table sur une croissance européenne à 2,3 % pour 2018 et 2 % en 2019, estimant que des risques importants pèsent sur les perspectives économiques, à commencer par le protectionnisme. Un article de notre partenaire La Tribune.
À la suite de la présentation de son projet de budget pour la période 2021-2027, la Commission européenne vient de confirmer ses prévisions d’une croissance dans l’UE à 2,3 % cette année puis qui ralentirait à 2 % l’an prochain. L’institution bruxelloise anticipe néanmoins des risques dans les trimestres à venir. Ces projections interviennent alors que les derniers chiffres d’Eurostat publiés ce mercredi 2 mai illustrent un ralentissement de la croissance entre le dernier trimestre 2017 (0,7 %) et le premier trimestre 2018 (0,4 %).
Au niveau du chômage, les services statistiques européens signalent un taux de 7,1 % en mars stable par rapport à février dernier et en baisse par rapport à mars 2017 (7,9 %). « L’Europe continue de profiter d’une croissance robuste, qui a permis de faire tomber le chômage à son point le plus bas depuis dix ans », a souligné le commissaire aux affaires économiques et financières Pierre Moscovici.
Ralentissement de la croissance
À l’échelle du continent, les experts européens anticipent une croissance à 2,3 % à la fois pour l’Union européenne et pour la zone euro après une croissance robuste à 2,4 % pour 2017. Ce niveau d’activité devrait être soutenu par une consommation toujours solide, un dynamisme des exportations et de l’investissement. En 2019, la croissance dans les deux zones devrait ralentir pour atteindre 2 % en raison notamment d’une politique monétaire moins accommodante et un ralentissement des échanges internationaux.
Tensions sur le marché du travail
Les fonctionnaires de la commission prévoient également des tensions sur le marché du travail. Si le taux de chômage devrait poursuivre sa décrue passant de 7,6 % en 2017 à 7,1 % en 2018 et 6,7 % en 2019 pour l’ensemble de l’UE, le sous-emploi persiste. Dans plusieurs pays où le chômage est relativement faible, « certains postes vacants sont déjà plus difficiles à pourvoir. » Par ailleurs, des écarts de chômage au sein du Vieux continent sont encore très visibles.
Une légère accélération de l’inflation
Les prix à la consommation devraient légèrement accélérer au cours de l’année sous l’effet de la remontée des prix du pétrole. L’inflation devrait se maintenir en 2018 au même niveau qu’en 2017, soit 1,5 % et passer à 1,6 % en 2019 dans la zone euro. « L’UE dans son ensemble devrait connaître une évolution similaire, son taux d’inflation se maintenant à 1,7 % cette année avant de passer à 1,8 % en 2019. »
Inquiétudes autour du protectionnisme
Les projections économiques sont « maintenant plus exposées à des risques de prévision à la baisse. » Les principaux risques concernent la politique économique du président américain Donald Trump.
« Les incitations budgétaires […] mises en place aux États-Unis devraient stimuler la croissance à court terme, mais aussi accroître le risque de surchauffe et la possibilité d’une hausse des taux d’intérêt américains plus rapide que dans les hypothèses actuelles. »
Par ailleurs, les États-Unis ont entamé un bras de fer avec la Chine et envisagent de relever leurs droits de douane sur l’acier et l’aluminium. Ces échanges n’ont fait qu’accroître les tensions sur la scène du commerce mondial et les incertitudes dans l’enceinte de la Commission européenne. Pierre Moscovici estime que « le risque le plus grand qui pèse sur ces perspectives optimistes est le protectionnisme, qui ne doit pas devenir la nouvelle normalité ; cela ne ferait que nuire à ceux de nos citoyens qu’il nous faut protéger le plus. »
