Bruxelles veut encourager la création de diplômes européens

La Commission européenne veut encourager les universités de l’UE à coopérer dans le but de décerner des diplômes qui seraient reconnus partout dans l’Union européenne, afin de les rendre plus attrayants pour les employeurs et les étudiants du monde entier.

EURACTIV France avec AFP
Press conference in Brussels following EU commission meeting on building the European education area
La commissaire européenne chargée de l'Innovation, de la Recherche, de la Culture, de l'Education et de la Jeunesse, Iliana Ivanova (à droite), et le commissaire à la Promotion du mode de vie européen, Margaritis Schinas (à gauche), lors d'une conférence de presse à Bruxelles, Belgique, le 27 mars 2024. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

La Commission européenne veut encourager les universités de l’UE à coopérer dans le but de décerner des diplômes qui seraient reconnus partout dans l’Union européenne, afin de les rendre plus attrayants pour les employeurs et les étudiants du monde entier.

Il n’existe actuellement pas de reconnaissance automatique des diplômes universitaires au niveau européen et les démarches pour faire reconnaître un diplôme dans un autre pays de l’UE que celui où il a été délivré peuvent parfois prendre plusieurs années.

« Ce processus peut être fastidieux et faire perdre du temps », a souligné mercredi la commissaire européenne chargée de l’Éducation, Iliana Ivanova. « Le diplôme européen résoudrait ces problèmes. »

L’exécutif européen, qui n’a que des compétences limitées en matière d’éducation, propose une série de critères destinés à servir de base à un tel diplôme européen : notamment la nécessité d’impliquer au moins deux établissements d’enseignement supérieur situés dans deux États membres différents, afin d’encourager la mobilité des étudiants.

« C’est une tendance qui est en cours, beaucoup d’universités européennes joignent déjà leurs forces, nous les voyons coopérer en matière de programmes Erasmus, de recherche et de convergence des cursus », a observé le vice-président de la Commission, Margaritis Schinas. Mais « il y a encore trop d’obstacles et de bureaucratie », a-t-il déploré au cours d’une conférence de presse.

La Commission explique que cette proposition répond à une demande des étudiants, des universités et des employeurs et se fonde sur des projets pilotes auxquels ont participé plus de 140 établissements d’enseignement supérieur à travers l’UE.

L’objectif est aussi de « rendre l’enseignement supérieur européen encore plus compétitif, plus interconnecté et de garantir la place de l’Europe dans la course mondiale aux talents », a expliqué Iliana Ivanova.

La proposition, qui doit désormais être discutée par les États membres, vise à inciter les universités à une telle coopération, sans fixer d’obligations.

« Ce serait un diplôme conjoint entre plusieurs universités dans le cadre d’un processus auquel elles ont volontairement décidé de prendre part », a précisé Mme Ivanova.

Ces programmes communs concerneraient les niveaux licence (« bachelor »), master et doctorat.

« Je n’ai aucun doute sur le fait que, dans quelques années, le diplôme européen aura sa place à côté de Schengen, d’Erasmus, du marché unique, de l’euro, parmi les réalisations concrètes de l’Europe », a commenté Margaritis Schinas.