Bruxelles veut rationaliser l’utilisation des ressources naturelles

La Commission européenne veut mettre en place d’ici 2013 des objectifs et des indicateurs pour limiter le gaspillage des matières premières, des métaux, de l’énergie ou encore des ressources naturelles.

EURACTIV.fr

La Commission européenne veut mettre en place d’ici 2013 des objectifs et des indicateurs pour limiter le gaspillage des matières premières, des métaux, de l’énergie ou encore des ressources naturelles.

Arrêter le gaspillage des ressources naturelles et améliorer leur recyclage. C’est l’objectif de la réflexion entamée mardi 20 septembre par la Commission européenne. 

Celle-ci veut inciter les États à mettre en place une stratégie et des objectifs pour transformer l’économie européenne à l’horizon 2050. “Recycler et réutiliser les ressources est un défi mondial, pas européen. La Japon et la Corée l’ont déjà pris en compte. Le dernier plan quinquennal chinois l’a également montré”, a déclaré le commissaire à l’Environnement, Janez Poto?nik, devant la presse. 

L’exécutif européen veut que la vision des utilisateurs change. « Des ressources naturelles clés comme les matières premières, les métaux, l’énergie, la biodiversité et l’eau ont été utilisées pour faire fonctionner l’économie comme si elles étaient inépuisables », indique la Commission dans un communiqué. 

Eau, air, sol, ressources marines

Ce n’est pas la première fois que l’Europe s’intéresse à cette question. Déjà, en 2005, une stratégie thématique sur l’utilisation durable des ressources avait été mise en place. Le texte présenté s’appuie d’ailleurs sur son bilan pour formuler des propositions. 

Les secteurs de l’alimentation, de la construction et des transports sont les premiers visés. Selon Bruxelles, les matières premières utilisées dans ces domaines sont responsables de plus de 70 % des dégâts sur l’environnement. 

Janez Poto?nik estime nécessaire de préserver en priorité les ressources les plus sensibles comme l’eau, l’air, le sol et les ressources marines. 

« Les marchés et les prix, les taxes et les subventions ne reflètent pas les coûts réels de l’utilisation de la ressource », explique la Commission. D’ici 2013, Bruxelles veut donc parvenir à mettre en place une série d’objectifs sur la base de différents. 

Incitations économiques

Le nouveau projet prévoit de développer les produits “verts” et de faire évoluer les modèles de consommation notamment à l’aide d’initiatives comme le design écologique, les éco-labels, ou les marchés publics “verts”. 

La Commission suggère également de mettre en place des incitations économiques qui récompensent les investissements efficaces. La pression sur les prix, la mise en place de taxes, ou d’une TVA accrue sur certains produits pourraient en faire partie. “Je suis conscient que les politiques fiscales sont entre les mains des États membres”, a tout de même indiqué Janez Poto?nik. 

Une méthode commune pour mesurer et comparer les empreintes environnementales des entreprises sera également mise en place. 

Bruxelles propose aussi de considérer le déchet  comme une ressource, de renforcer le marché des matières premières secondaires et la demande pour des matériaux recyclés. 

Enfin, la Commission suggère de supprimer progressivement les subventions qui ont un impact négatif sur l’environnement et d’aider les industries à réinvestir dans les technologies vertes.