Budget 2028-2034 : pour les agriculteurs, les modifications suggérées par Ursula von der Leyen sont de la « poudre aux yeux »
Lundi 10 novembre, les principales organisations agricoles européennes ont rejeté les modifications avancées par la Commission européenne pour sa proposition de réforme budgétaire, estimant qu’elles ne répondent en rien aux inquiétudes suscitées par la baisse des subventions agricoles.
Lorsqu’elle a présenté sa proposition de budget pour la période 2028-2034, la Commission a proposé de fusionner les subventions agricoles et régionales en des plans nationaux négociés directement entre Bruxelles et capitales. Une proposition qui a suscité une levée de boucliers, notamment auprès des agriculteurs, des régions et au Parlement européen.
Ses détracteurs avertissent par exemple que cette proposition risque de réduire le financement agricole et d’affaiblir la Politique agricole commune (PAC).
Pour éviter un blocage au Parlement européen, Ursula von der Leyen a évoqué des pistes de solution dans une lettre envoyée dimanche 9 novembre à la présidente de l’hémicycle européen, Roberta Metsola, et à la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’UE.
« De la poudre aux yeux »
« Les nouveaux concepts présentés par la Commission européenne ce week-end ne sont que de la poudre aux yeux », ont fustigé lundi les organisations agricoles européennes Copa et Cogeca dans une lettre adressée aux députés européens. « La proposition semble être une tentative de changer les choses sans rien changer. »
Les amendements proposés ont été discutés lors d’une réunion qui s’est tenue le même jour entre les présidentes du Parlement, de la Commission, et la Première ministre danoise.
L’une des modifications proposées consisterait à transférer plusieurs articles du règlement sur le mégafonds vers le règlement sur la PAC, ce qui donnerait plus de pouvoir à la commission de l’Agriculture (AGRI) du Parlement et aux ministres de l’Agriculture.
Une autre modification évoquée consisterait à réserver 10 % du budget total des plans nationaux aux projets d’investissement rural, en plus des 300 milliards d’euros déjà alloués à l’agriculture.
Des chiffres contestés
Des responsables de la Commission ont confié à Euractiv que le financement supplémentaire pour les zones rurales s’élèverait à près de 49 milliards d’euros, auxquels s’ajouteraient 15 milliards d’euros de prêts, soit un total d’environ 64 milliards d’euros, ce qui réduirait l’écart de 87 milliards d’euros avec le cycle budgétaire actuel.
Mais le groupe de réflexion Farm Europe estime que les chiffres ne concordent pas.
Selon Farm Europe, les nouveaux plans entraînent une réduction de 17,6 % des mesures fondamentales de la PAC par rapport à aujourd’hui.
Malgré ces changements, Ursula von der Leyen continue de faire peser le poids des coupes budgétaires de la politique agricole commune sur les régions et les gouvernements nationaux, selon le groupe.