Budget de l’UE : Ursula von der Leyen fait des concessions au Parlement
Soucieuse d’éviter un blocage du prochain budget de l’Union par le Parlement européen, la Commission a fait savoir ce week-end qu’elle était prête à revoir des éléments clés de sa proposition.
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a proposé une série de concessions dans une lettre, consultée par Euractiv, envoyée dimanche 9 novembre à la présidente du Parlement, Roberta Metsola, et à la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, dont le pays assure actuellement la présidente tournante du Conseil.
Ces concessions interviennent quelques heures avant une discussion sur le budget entre les présidentes de la Commission et du Parlement, ce lundi à midi.
L’opposition à la proposition de la Commission a été particulièrement forte au Parlement, où une majorité de députés européens semblent y être opposés. Cela pose problème, car l’approbation du Parlement est nécessaire pour faire passer le budget proposé par la Commission pour la période 2028-2034.
Au cœur du conflit se trouve le projet de fusion des subventions agricoles et régionales dans des programmes nationaux pour un montant de 865 milliards d’euros — une proposition qui a suscité une vive opposition de la part des agriculteurs et des régions, qui craignent que la mise en commun des ressources n’entraîne une inégalité de traitement entre les bénéficiaires et ne donne aux capitales nationales un contrôle trop important sur les ressources.
Dans sa lettre, Ursula von der Leyen propose de renforcer le contrôle des députés européens sur les priorités de dépenses, ainsi que d’introduire un « objectif rural » afin de garantir qu’un dixième du financement soit affecté aux régions de l’Union.
« Avec les modifications proposées […] la Commission est prête à soutenir le Parlement européen et le Conseil dans le processus menant à l’adoption du cadre financier pluriannuel », explique la présidente de l’exécutif.
Plus tôt la semaine dernière, le commissaire au Budget, Piotr Serafin, avait laissé entendre que la Commission envisageait d’apporter certaines « modifications juridiques » à son projet de budget, signalant ainsi que l’exécutif était prêt à faire marche arrière.
L’ouverture de la présidente de la Commission, rapportée pour la première fois par Politico, constitue un cas rare où Ursula von der Leyen cède à la pression du Parlement, qu’elle n’hésite en général pas à ignorer.
La seule question qui reste en suspens est de savoir si l’ouverture d’Ursula von der Leyen sera suffisante pour garantir un accord.
Eddy Wax a contribué à la rédaction de cet article.